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[Critique] « Exodus : Gods and Kings » Grande fresque biblique de Ridley Scott n’égalant pas Gladiator

[Critique] « Exodus : Gods and Kings » Grande fresque biblique de Ridley Scott n’égalant pas Gladiator

27 décembre 2014 | PAR Gilles Herail

Après le très décevant Cartel, Ridley Scott embauche Christian Bale dans un Exodus spectaculaire qui échoue cependant à pleinement nous embarquer. Trop long et n’explorant pas ses pistes les plus intéressantes, cette fresque biblique divertit sans réellement passionner.

[rating=2]

Maitre de l’épique en costumes, après Gladiator, Robin des Bois et Kingdom of Heaven, Ridley Scott s’attaque cette fois ci à Moise, suivant la mode des blockbusters bibliques, relancée par La passion du Christ et Noé. Le récit passionnant du Prince d’Egypte hébreu est réadapté à la sauce péplum, avec son lot de batailles et d’effets spéciaux. L’image est belle (un peu moins lors de la dernière partie) et le réalisateur britannique cherche comme Peter Jackson à privilégier la beauté des décors naturels. A l’opposé des deux Hercules respirant le fond vert, Exodus propose un univers spectaculaire mais réaliste. On restera plus mesuré face à la qualité d’un scénario brouillon et d’un montage incohérent qui élude les transitions et sacrifie des personnages et des intrigues, malgré une durée assommante de 2H30. La première partie, très réussie, s’inspire grandement de Gladiator en opposant deux demi-frères, l’un brillant général sage et raisonné, l’autre héritier légitime du trône, impulsif et immature. L’enfant illégitime sera châtié à la mort du père et subira un exil forcé. Les enjeux de pouvoir, de famille et de trahison sont brillamment traités mais le film les abandonnera vite.

Pour se focaliser sur le récit biblique, beaucoup moins passionnant. Moise entend des voix, papote avec Dieu personnifié en petit enfant inquiétant tout droit sorti d’un film d’horreur. Il revient à Memphis pour mener la révolte du peuple juif réduit en esclavage mais ne fait finalement qu’ accompagner le courroux divin. On regarde alors avec plus ou moins d’attention les 7 plaies s’abattre et le pharaon s’entêter jusqu’à une issue que l’on connaît par coeur.Ridley Scott veut proposer un point de vue personnel en complexifiant la relation entre Dieu et Moise mais ne parvient pas à dessiner le duel psychologique espéré. Quelques scènes portent bien la patte du cinéaste, qui cherche à s’éloigner du blockbuster sans âme en confrontant le mythe et la rationalité scientifique (étonnante séquence du Nil ensanglanté). Si Christian Bale assure en leader charismatique tourmenté, le personnage de Ramses incarné par Joel Edgerton tombe parfois dans le ridicule. Les seconds rôles n’ont pas le temps d’exister (figuration inutile de la grande Sigourney Weaver). Et les 2H30 du film commencent à se faire longues. Trop ambitieux, Ridley Scott aurait peut-être eu besoin de 4H pour réaliser la grande fresque qu’il avait en tête. Mais la version présentée en salles n’est pas à la hauteur.

Gilles Hérail

Exodus Gods and Kings, un peplum biblique de Ridley Scott avec Christian Bale et Joel Edgerton, durée 2H31, sortie le 24/12/2014

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Gilles Herail

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