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« La fête est finie », une course vers la vie et la liberté [Critique]

« La fête est finie », une course vers la vie et la liberté [Critique]

23 février 2018 | PAR Sarah Reiffers

Après avoir travaillé en tant que scénariste sur plusieurs courts métrages, Marie Garel-Weiss s’attaque à la réalisation avec La fête est finie, en salle à partir du 28 février. Un premier long à caractère autobiographique porté par deux actrices brillantes, qui tire sa force d’une certaine légèreté et d’une indéniable soif de vivre.

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Céleste et Sihem (formidables Clémence Boisnard et Zita Hanrot) se rencontrent dans un centre de désintoxication. Toutes deux dépendantes à la drogue, elles se lient rapidement d’une amitié qui semble indestructible. Mais qui pourrait être, selon certains, un obstacle plutôt qu’un avantage. La dépendance à l’autre peut-elle être aussi néfaste que la dépendance à la drogue ? C’est l’une des questions que Marie Garel-Weiss choisit d’explorer dans son premier long métrage, véritable ode à la vie et à la liberté. « Sihem » en arabe signifie « flèche », « Céleste » suggère une course vers les cieux ; toutes deux sont bel et bien lancées dans une course vers le droit d’ancrer leur existence dans l’indépendance et le bonheur.

Pour traiter d’un tel sujet, la jeune cinéaste opte pour un scénario et une réalisation qui restent à la surface. La dépendance à la drogue, ce mal qui ronge ses deux héroïnes, n’est jamais explicitement montré : il est constamment mentionné certes, mais aucune scène de shoot ou de violence physique due au manque n’est donnée à voir. La drogue ne fait son apparition qu’une seule fois, lorsque Sihem et Céleste rechutent ; et encore apparaît-elle sans aucune transition, accompagnée d’un geste qui paraît aussi naturel que celui de se recoiffer ou d’échanger un baiser au cours d’une soirée. Cette subtilité se retrouve dans la réalisation : caméra à l’épaule, Marie Garel-Weiss effleure les corps et les visages, joue avec le décor (en emprisonnant littéralement ses personnages entre toutes sortes de barres jusqu’à ce que naisse l’amitié libératrice), semble même parfois lorgner vers le documentaire lors des séances de thérapies de groupe. Manque de prise de risque ou subtilité bienvenue, il sera laissé à chacun d’en juger – mais ce choix offre à La fête est finie une légèreté fraîche et surprenante.

Visuels : images officielles

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