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[Critique] du film « Réparer les vivants » Magnifique adaptation du roman de Maylis de Kerangal

[Critique] du film « Réparer les vivants » Magnifique adaptation du roman de Maylis de Kerangal

06 novembre 2016 | PAR Gilles Herail

Réparer les vivants nous fait vivre un deuil et un espoir, avec la même intensité, à travers la chronique d’une greffe de cœur et d’un transfert de vie. Katell Quillévéré signe une adaptation bouleversante du roman de Maylis de Kerangal, portée par une mise-en-scène magnifique et des comédiens d’une rare justesse (Emmanuelle Seigner, Tahar Rahim, Anne Dorval, Bouli Lanners, Kool Shen, Alice Taglioni et Dominique Blanc). Notre critique.

[rating=4]

Extrait du synopsis officiel : Tout commence au petit jour dans une mer déchaînée avec trois jeunes surfeurs. Quelques heures plus tard, sur le chemin du retour, c’est l’accident. Désormais suspendue aux machines dans un hôpital du Havre, la vie de Simon n’est plus qu’un leurre. Au même moment, à Paris, une femme attend la greffe providentielle qui pourra prolonger sa vie…

Katell Quillévéré (Un poison violent et Suzanne) a choisi d’adapter au cinéma le roman de Maylis de Kerangal pour nous parler de la thématique du don d’organes. Pas n’importe lequel, le plus important, le plus essentiel, une greffe de cœur qui ajoute une dimension symbolique très forte à un acte qui dépasse la prouesse médicale. On aurait pu tomber facilement dans le mélo lacrymal ou le spot gouvernemental pédagogique mais Réparer les vivants nous offre en réalité un vrai petit miracle, bouleversant, lumineux, réaliste, symbolique, existentialiste. Un film d’une grande richesse, qui porte la même attention à chaque personnage, chaque second ou troisième rôle qui se voit reconnaitre une même dignité. Réparer les vivants installe dès la séquence d’introduction son atmosphère envoutante. Suivant la dernière soirée d’un ado passionné de surf, qui va perdre la vie dans un accident de voiture. Katell Quillévéré réussit chaque plan, nous plonge en immersion dans les vagues déchainées, nous transmet de l’insouciance mais aussi du spleen, amène de l’onirique et du spirituel. Et chaque scène du film aura cette même intensité, trouvant l’harmonie parfaite entre la réalisation, la photo, le texte, la direction d’acteurs et les choix musicaux.

Le scénario fonctionne sur des changements de points de vue plutôt que sur un montage parallèle, emmenant le spectateur d’une histoire à l’autre, du deuil vers l’espoir, sans rupture, avec un sentiment de fluidité parfaite. Les questions évoquées sont sensibles, relevant du plus intime. Faire accepter la mort cérébrale d’un jeune homme maintenu artificiellement en vie. Évoquer avec des parents qui viennent de perdre leur fils la question du don d’organes. Conserver la dignité de la dépouille, malgré l’acte chirurgical. Appréhender la transplantation d’un cœur étranger dans son propre corps. Le « programme » pourrait paraitre lourd mais Réparer les vivants est au contraire aérien. Trouvant une forme d’espoir mais surtout une incroyable humanité. Celle d’un jeune médecin (Tahar Rahim, comme toujours impeccable) qui va accompagner ces parents en deuil, ayant fait le choix d’accepter l’intervention. Celle d’un fils protecteur (Finnegan Oldfield, un de nos jeunes acteurs les plus prometteurs), qui doit gérer l’affaiblissement de plus en plus inquiétant de sa mère. Tout le casting (Emmanuelle Seigner, Anne Dorval, Bouli Lanners, Kool Shen, Alice Taglioni et Dominique Blanc) partage cette même justesse, ce sentiment de proximité mais aussi de profondeur. Réparer les vivants fait partie des plus beaux films français de l’année et confirme tout le talent de sa réalisatrice. A voir absolument.

Gilles Hérail

Réparer les vivants, un drame français de  Katell Quillévéré avec Emmanuelle Seigner, Tahar Rahim, Anne Dorval, Bouli Lanners, Kool Shen, Alice Taglioni et Dominique Blanc, durée 1h43, sortie le 01/11/2016

Visuels : © affiche et bande-annonce officielles du film
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Gilles Herail

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