A l'affiche
[Critique] « Dealer » Film de genre auto-produit avec un budget de 165000 € disponible en VOD

[Critique] « Dealer » Film de genre auto-produit avec un budget de 165000 € disponible en VOD

03 novembre 2015 | PAR Gilles Herail

Le premier film de Jean-Luc Herbulot avec Dan Bronchinson est sorti en exclusivité sur Vimeo le 1er octobre et sera disponible sur d’autres plateformes de streaming légal à partir du 9 novembre. Dealer est un polar urbain stylisé qui revendique ses influences (Pusher, Trainspotting, etc.) avec le charme et les défauts d’un premier film. Un trop-plein parfois racoleur qui affirme cependant la possibilité d’un cinéma indépendant, autoproduit, compensant ses petits moyens par beaucoup d’envie et d’inventivité.

Extrait du synopsis officiel: Après une vie passée dans le trafic de cocaïne, Dan (Dan Bronchinson) s’est promis de ne pas retomber. Se voyant offrir un dernier deal qui lui permettrait de réaliser son rêve d’enfance : déménager en Australie avec sa fille. Il accepte la proposition. Commence alors une descente aux enfers qui le replonge pendant 24 heures dans ce milieu impitoyable, fait de mensonges, violences et trahisons, où il devra sauver sa fille et survivre par tous les moyens.

Dealer a bénéficié d’une certaine couverture médiatique grâce à sa stratégie de distribution originale, évitant la sortie en salles pour se concentrer sur les plateformes de video-on-demand. Le premier film de Jean-Luc Herbulot a fait le buzz en recrutant un ex-dealer, Dan Bronchinson, qui interprète le personnage principal, et dont la propre expérience a inspiré le scénario. La campagne marketing a également su attirer la sympathie autour du projet en insistant sur les conditions de création du film. Un long-métrage indépendant, autoproduit, tourné très rapidement (12 jours) pour un budget modique de 165.000€ (à comparer aux 5 à 10 millions d’€ que coutent les films du milieu en France).

Jean-Luc Herbulot cite ses références, passant d’Audiard pour les dialogues à Nicolas Winding Refn (Pusher) pour la mise en scène et Trainspotting pour l’énergie. On sent l’envie de réalisation, de style et de panache dans un film décrivant une inéluctable et implacable descente aux Enfers. Au moment où quelques imprévus et un peu de malchance transforment la journée banale d’un petit dealer en une escalade de violence que rien ne semble pouvoir arrêter. Tout est fait pour maintenir un rythme ultra soutenu, appuyé par les effets de cadrage et de montage. Les dialogues souhaitent mettre en place un même rouleau compresseur, cherchant en permanence la réplique culte à la Scorsese, avec parfois un certain succès.

On apprécie cette ambition d’efficacité et l’acteur principal, Dan Bronchinson, prend visiblement beaucoup de plaisir à incarner un personnage charismatique. Dealer fonctionne plutôt pas mal mais la forme ultra stylisée ne compense pas d’autres faiblesses, notamment au niveau de certains seconds rôles inégaux qui tournent à l’auto-parodie. Le film peine à choisir entre polar urbain et série Z, se retrouvant entre deux eaux. Racoleur dans certaines scènes de violence gratuite qui mettent mal à l’aise. Parfois plus vulgaire que drôle et oubliant l’ensemble des personnages féminins en route. Plus intéressant en revanche quand il ose une atmosphère moins hystérique et des moments détendus qui humanisent le personnage.

Dealer souffre d’une envie de trop en donner qui nuit parfois à sa cohérence. On restera malgré tout admiratif du travail réalisé, de ce pari de production d’un amoureux de films de genre, qui rappelle que le cinéma peut aussi se faire dans des conditions artisanales, sans sacrifier le style.

Dealer, un film noir français de Jean-Luc Herbulot avec Dan Bronchinson, Elsa Madeleine, et Salem Kaliun, durée 1h15, sortie sur vimeo le 1er octobre et sur les autres plateformes de video-on-demand à partir du 9 novembre 2015

Visuels : © photos officielles et affiches officielles des films
[Coffret Dvd] L’intégrale Jane Campion, un indispensable chez Pathé
[Interview] Rhum For Pauline : « on a pris le temps de trouver notre identité »
Gilles Herail

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *