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[Critique] « Corniche Kennedy », une belle plongée solaire et sociale auprès des minots de Marseille

[Critique] « Corniche Kennedy », une belle plongée solaire et sociale auprès des minots de Marseille

22 janvier 2017 | PAR Hugo Saadi

Après l’adaptation de Réparer les vivants au cinéma il y a quelques mois (qui avait difficilement passé l’épreuve de la mise en image), c’est au tour de Corniche Kennedy, autre roman de Maylis de Kerengal de subir le même sort, derrière la caméra de Dominique Cabrera cette fois-ci. Une adaptation qui reste anecdotique mais renforcée par un trio d’acteurs brillants.

[rating=3]

Dominique Cabrera pose ses caméras à Marseille, ville métissée et populaire, pour se focaliser sur une jeunesse en manque de perspective d’avenir alors que les épreuves du bac sont dans quelques jours. Elle confronte deux univers : la classe populaire et la classe aisée. Le croisement des deux se fait brutalement dans un premier temps avant de s’apaiser rapidement pour accoucher sur un triangle amoureux solide et unifié.

La pierre angulaire de ce triangle c’est Suzanne (Lola Creton). Elle scrute depuis sa terrasse des beaux quartiers les « minots de la corniche » qui passent leurs journées à sauter dans la mer au péril de leur vie. Elle meurt d’envie de franchir le pas, de se sentir libre et se vider enfin la tête. Après avoir pénétrée leur terrain de jeu, appareil photo à la main, elle ne peut plus faire demi-tour et doit se faire accepter par le groupe en réalisant des plongeons risqués. Elle s’embarque dans une histoire sans porte de sortie et trouve sa place au milieu des acrobates nautiques en révélant petit à petit une autre facette de sa personnalité. Naît alors un triangle amoureux et amical, entre les deux amis d’enfance, Medhi, chaleureux plongeur à l’accent envoutant et Marco, le chauffeur du boss d’un réseau de drogue au physique qui ne laisse pas indifférent la jeune Suzanne.

Dans cette chronique sur l’adolescence, Dominique Cabrera ne tombe pas dans la caricature. Le trait n’est jamais grossier, et la réalisatrice élargit son spectre de réflexion avec le personnage de la commissaire interprétée par Aïssa Maïga. Elle aussi a grandi dans les quartiers sensibles de Marseille et comprend les motivations qui poussent ces minots à s’embarquer dans des affaires illicites. Le film se plait à contempler les corps de ces jeunes adultes dans leurs activités quotidiennes : sauts, bronzette, détente. Les décors naturels de la corniche couplés aux acteurs non professionnels permettent d’ajouter une sincérité au film déjà plein de chaleur et de liberté.

Même si le postulat de base a déjà été vu, on ne reste pas indifférent face à cette chronique sociale et ce, notamment grâce au trio. Avec un jeu tout en légèreté, Lola Creton  (Après Mai, Un amour de jeunesse) confirme à nouveau. On retiendra surtout les belles entrées dans le cinéma de Kamel Kadri (Marco) et Alain Demaria (Medhi). Une interview des trois acteurs sera à retrouver dans les prochains jours sur Toute La Culture.

Au cinéma le 18 janvier 2017.

© Visuels Jour2Fête

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Hugo Saadi

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