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Cannes 2018, Quinzaine : « Carmen y Lola », récit d’un amour impossible entre deux gitanes

Cannes 2018, Quinzaine : « Carmen y Lola », récit d’un amour impossible entre deux gitanes

17 mai 2018 | PAR Hugo Saadi

Arantxa Echevarría frappe fort avec Carmen y Lola à la Quinzaine des réalisateurs. Une immersion intense dans le monde des gitans espagnols sublimée par une romance interdite entre deux jeunes femmes. Maîtrisé de bout en bout, le film est une ode à l’amour et à la liberté.

[rating=4]

Avec Carmen y Lola, la réalisatrice Arantxa Echevarría amène le spectateur dans le bouillonnement de la banlieue de Madrid, loin des images de carte postale de la capitale. Sa caméra pénètre dans les zones où les gitans vivent en masse, sont ghettoïsés et vivent en marge d’une société qui ne veut pas d’eux. Cette première incursion nous permet de découvrir la culture gitane et surtout la hiérarchie familiale qui structure leurs rapports. L’homme est au-dessus, domine sa famille et la femme est réduite à se marier tôt, faire des enfants et être s’occuper du foyer. Alors quand Lola raconte qu’elle souhaite devenir institutrice, la nouvelle passe difficilement auprès de la famille.

Considérée comme anormale, elle le sera d’autant plus à leurs yeux en matière d’orientation sexuelle. Lola aime les filles et sait pertinemment que cela doit rester un secret pour éviter l’implosion de la famille. Elle se rend en douce dans des cybercafés pour chatter sur des sites de rencontres lesbiennes, mais le coup de foudre opèrera lors qu’elle apercevra Carmen, une gitane fraichement fiancée à son cousin. Un premier amour interdit qui va naître dans la douleur entre ces deux femmes que rien ni personne ne pourra arrêter.

« Les gitanes, on n’a même pas de rêves. » La réalisatrice espagnole dresse un état des lieux de la culture gitane, et même s’il casse l’image que l’on a d’eux, elle pointe du doigt le manque de liberté de ces jeunes filles, destinées à finir coiffeuses ou femmes de ménage. Ainsi que leur côté conservateur et extrême. L’homosexualité est un tabou et l’honneur de la famille est sacré. Le film réussit donc à traiter les deux sujets, le conservatisme des gitans à travers des scènes de réunions (culte, fiançailles, mariage, dîners) où les valeurs et l’homosexualité sont exposées dans des scènes intimistes entre les deux jeunes filles.

Si la construction de l’intrigue reste assez linéaire, Carmen y Lola est une ode à l’amour interdit et à la quête de la liberté. Les deux jeunes actrices sont brillantes et leur alchimie à l’écran nous donne des frissons. Alors quand les tensions familiales s’intensifient et que l’étau se resserre, c’est notre cœur à nous qui s’emballe.

Carmen y Lola, un film de Arantxa Echevarría, avec Carolina Yuste, Moreno Borja, Rafaela León, Rosy Rodriguez, Zaira Romero. 1H43. Au cinéma prochainement.

 

 

 

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