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Biarritz : Abrazo d’or amplement mérité pour « Los reyes del mundo »

Biarritz : Abrazo d’or amplement mérité pour « Los reyes del mundo »

01 octobre 2022 | PAR Olivia Leboyer
Casino de Biarritz

Avant l’annonce de l’Abrazo d’or, il y a toujours une effervescence particulière. Cette année, le doute n’était pas vraiment permis : Los reyes del mundo, de la colombienne Laura Mora nous a bouleversés, sans facilité. Un grand film.

Pour ce cru Biarritz 2022, le jury comptait le réalisateur Eric Lartigau (Prête-moi ta main, La famille Bélier), l’actrice Eléonore Bernheim, le réalisateur vénézuélien Lorenzo Vigas, la productrice Charlotte Uzu et le grand comédien Rufus (que nous avions eu le bonheur d’interviewer en 2015).

Sans surprise, en toute justice, l’Abrazo d’or est revenu au magnifique Los reyes del mundo de  la réalisatrice colombienne Laura Mora. Un film puissant, qui nous fait passer par toute une palette d’émotions, de l’espérance, du rire, de la pitié, de la désolation, jusqu’à l’absence de mots. Un jeune gamin des rues colombien reçoit du gouvernement un document officiel lui annonçant qu’il hérite d’un lopin de terre de sa grand-mère, jadis expropriée. Avec quatre amis de fortune, il prend la route, dans les montagnes, pour recevoir son bien. La route sera longue, véritables stations du Christ, calvaire avant la chute. Bouleversant, poétique, sobre, le film mérite amplement l’Abrazo d’or (voir notre critique).

L’Abrazo du meilleur documentaire revient au film argentin Retrato del futuro de Virna Molina, que nous découvrirons au rattrapage de demain matin. Un film qui semble avoir muté, changé de cap au fil de la pandémie de 2019.

Le jury Biarrot a récompensé un film nicaraguayen: La hija de todas las rabias, de Laura Baumeister, sur une famille pauvre survivant grâce à un élevage de chiens de race. C’est le cinquième long-métrage de fiction de l’histoire du pays.

Cette année, nous avons particulièrement apprécié la sélection « carte blanche à Kleber Mendonça Filho« , avec le splendide Un brasier de terre sèche d’Adirley Queiros (voir notre critique). Parmi les films sélectionnés, figurait Une seconde mère, que nous avions adoré lors de sa sortie en France en 2015 (voir notre critique).

La sélection littéraire était exceptionnelle, avec un hommage à la brésilienne Clarice Lispector (Près du cœur sauvage est un livre vibrant, palpitant ; Kleber Mendonça Filho avait aussi choisi de projeter A hora de Estrela, de Suzana Amaral, d’après le roman éponyme de Clarice Lispector); et le grand Leonardo Padura était présent ! Nous partons avec, dans notre valise, L’eau de toutes parts, que nous avons hâte de lire.

L’ambiance, festive, détendue, était aussi cool que les autres années. Un grand merci à ce festival exigeant, qui n’oublie pas la musique (extraordinaire concert du groupe mythique de jazz-funk brésilien Azymuth) et la bonne chère (les stands de nourriture sud-américaine cuisinent de succulentes spécialités).

visuels: photo Olivia Leboyer.©

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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