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Berlinale, jour 4 : On a vu le Malick (et Christian Bale)

Berlinale, jour 4 : On a vu le Malick (et Christian Bale)

09 février 2015 | PAR Yaël Hirsch

Journée de soleil et d’effervescence pour la 65ème Berlinale où les fans ont attendu de voir Bale et Portman passer, tandis que la presse s’est ruée sur le film qu’ils défendaient sans Terence Malick : The Knight of Cups. Un opus prétentieux à réserver aux fans tandis que les autres films de la journée étaient plutôt décevants.

Cela devait être un plaisir de commencer à 9h du matin avec un charmant Ian Mckellen interprétant un Sherlock de 93 ans dans Mr Holmes présenté hors compétition par Bill Condon. Et pourtant ! Rencontre téléphonée entre le vieux détective aride de raisonnement et un petit garçon vif au visage porcin s’est avéré une suite de clichés où même le suspense était bâclé. Une déception que cette déformation sans but et sans cause d’un des personnages les plus mythiques de la littérature anglaise…(Voir notre article)

Il fallait s’y prendre près d’une heure en avance pour trouver sa place à la projection du film de Terence Malick dans le Palais du festival réservé pour la presse. On se poussait avec angoisse pour trouver le siège idéal. C’est dans un silence religieux que la presse a accueilli cette nouvelle fresque de jugement dernier du réalisateur américain. Dans la veine de Tree of life (mais « encore mieux » nous ont dit plusieurs fans) The Knight of Cups met en scène un homme à succès, un acteur (Christian Bale) qui décide un jour de se demander quand est-ce qu’il vit vraiment ? Comme toujours chez Malick, rien n’est léger : les villes de LA et Las Vegas s’étendent, Babylones infernales, en contrepoints de mers, sable et arbres rappelant le paradis perdu. Pendant deux heures de Caroussel rythmées par des voix off sentencieusement religieuses et une musique qui se veut germanique, on remonte la liste de conquêtes de l’être en recherche : toutes blondes et maigres nécessairement sur talons et partageant sa quête de sens (même les gogo danseuses). L’âme sœur est brune, mariée et porte des talons de 8 cm seulement, c’est Natalie Portman, aussi maladive que dans Black Swan… (Voir notre article)

Ayant pu nous glisser à la conférence de presse, on a pu voir le charismatique Bale répondre à une première question pleine de sens d’un journaliste : les acteurs peuvent-ils expliquer de quoi le film parle ? Non, Terence n’a rien expliqué et c’est bien comme ça, c’est beau paraît-il de suivre un mec qui cherche quelque chose et à la fin du film, philosophiquement, personne (ni les acteurs, ni le public) ne sait quoi. Portman a dit beaucoup de choses construites et intelligentes mais a surtout parlé d’elle et du film qu’elle a produit aussi présenté à la Berlinale : un film sur une réserve indienne, le 7e feu.

La projection de l’après-midi permettait de voir le documentaire de la compétition, El Boton de Nacar de Patricio Guzman. Un film fin et engagé sur le passé du Chili au sens large, de la Patagonie au 20ème siècle. Un moment où la voix off reprenait de son sens, mais peut-être étonnant tout de même en compétition. (voir notre article)

En début de soirée, après un verre au Billy Wilder (bar au cœur de la Potsdamer Platz) nous aurions aimé voir Women in Gold de Simon Curtis avec Helen Mirren, Ryan Reynold et Katie Holmes, mais nous étions les deux premières à ne pas entrer en projection presse. Bad Luck ! Nous sommes allées nous consoler avec un Bortsch au Café Chagall, espérant beaucoup de demain, notamment de Body de la Polonaise Malgorzata Szumowska (à qui l’on devait notamment Elles).

 

Visuels : Yaël Hirsch

[Berlinale, compétition] « El boton de nacar », beau documentaire sur l’histoire de l’eau et du Chili
[Berlinale] « Mr. Holmes » : variation sirupeuse et indigeste sur la vieillesse de Sherlock
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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