Arts

« Une image peut en cacher une autre », au Grand Palais

07 avril 2009 | PAR Thomas

image-cache-grdpalaisLe Grand Palais expose une grande série d’oeuvres dont la lecture est ambiguë – « images doubles», détails significatifs, et autres petits secrets cachés. S’étendant sur une vaste période, de la Préhistoire à aujourd’hui, le musée invite le spectateur à faire preuve d’observation, de sensibilité, et d’humour dans une exposition où on pourra également apprécier la diversité des oeuvres présentées.

Après un travail de sélection rigoureuse les commissaires ont rassemblé quelques deux cent cinquante peintures, dessins, gravures, sculptures et films présentés chronologiquement. Sur toute oeuvre figure une ambiguïté, flagrante ou très discrète. D’autres sont composés d’objets hétérogènes pour former un visage ou encore des lettres, comme les dessins d’Utagawa Kuniyoshi faits de femmes nues qui préfigurent déjà l’une des photographies de Philippe Halsman (In Voluptate Mors, 1951), ou l’alphabet érotico-pornographique de Dali dessiné à la  manière d’une bande dessinée de Fluide Glacial. Citons encore les célèbres portraits d’Arcimboldo composés de fruits, dont un réversible (Tête réversible avec corbeille de fruits, vers 1590). Un escalier en colimaçon nous plonge ensuite dans la musique de Claude Debussy, où l’on découvre notamment les peintures de Dali, Degas, Gauguin, Bonnard, Man Ray, etc. Note spéciale au grand tableau de Tchelitchew qui nous assaille de toute l’ampleur de ses couleurs, et nous immerge dans un univers d’halluciné.

L’ensemble de l’exposition est à prendre avec humour, surtout face à certaines excentricités comme un Phallus ailé et des tableaux présentés en éventail où, selon l’angle de vue du spectateur, le portrait change. On sourit aussi en pensant à Jésus, assez mis à mal lors de cette exposition, où il nous est présenté chaste, la main gauche devant son sexe, index et majeur de la main droite croisés – vous avez dit « un hippie avant sa libération sexuelle » ? (Le Baptême du Christ, fin du XV e siècle). La représentation à trois têtes de la Trinité est également assez cocasse.

Dans le fond, cette exposition est vraiment rigolote, et il semble que l’aborder de cette manière est la meilleure chose à faire, loin des explications un peu rapides et un peu obscures, conceptuelles ou désuètes, qui accompagnent des thèmes un peu flous. Car finalement, tout tourne autour d’un thème central, et malgré l’effort du musée pour essayer d’organiser tout ce qu’il regroupe, l’exposition reste quelque peu fourre-tout. Néanmoins très appréciable !

« Une image peut en cacher une autre », au Grand Palais, du 8 avril au 6 juillet 2009. Métro Champs-Elysées Clémenceau. Tous les jours de 10h à 20h, sauf le mercredi jusqu’à 22h, fermé le mardi et le 1er mai 2009. Tarifs: 11 euros / 8 euros.

Thomas Gérard

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