Arts

Sébastien Tixier ou le pari de Still in Motion

27 mai 2010 | PAR Marie Lesbats

Méthodique et consciencieux, attaché à  l’idée de séries photographiques, Sébastien Tixier est l’un des photographes « coup de cœur » du festival Still in Motion.

Par ses paysages d’isolement – « Latences » –, par ses mises en scène insolites –  « Que reste-t-il de nos rêves », « Histoires de vies ordinaires » – et par son souci à la fois poétique et journalistique – « Hashima » –, Sébastien Tixier se distingue. Souvent, l’homme, extirpé de son quotidien, contemple sa vie. Souvent, le coin de rue silencieux devient matière à réflexion, quand le paysage inconnu paraît soudainement familier. Souvent, les architectures, vestiges du temps, semblent vivre dans l’absence.
Et souvent, le spectateur s’interroge…

Alors, la Boîte à Sorties donne la parole à Sébastien Tixier…

Lorsque l’on est autodidacte comme vous l’êtes, comment procède-t-on pour se lancer dans le milieu de la photo ?
C’est dur à dire car les choses se sont faites vraiment progressivement. Finalement je suis venu à la photographie assez tard et un peu par hasard, même si j’ai effectivement été attiré par ce médium depuis petit. Pour revenir à la question du parcours, je ne pense pas qu’il y ait de schéma universel, mais, quoiqu’il en soit, je crois que c’est souvent le fruit d’un mélange d’opportunités et surtout de travail continuel – notamment pour se créer les opportunités ! Et puis les choses se font petit à petit au fur et à mesure que s’ouvrent les portes, d’expos confidentielles, aux prix et festivals. Et il reste énormément à faire !

Vous travaillez beaucoup sur le paysage urbain, les lieux abandonnés et la déshumanisation. Quels nouveaux aspects développez-vous grâce au projet réalisé pour Still in Motion ?
Dans le cadre du festival Still In Motion je présente certaines photos de mon travail sur Hashima. A l’heure actuelle, cet ensemble de photographies synthétise pour moi mes différentes recherches sur les lieux à l’abandon. Tous ces lieux fixent une histoire dans leurs murs, et leurs ruines ont quelque chose de profondément organique. Mais dans le cadre de Hashima, tous ces aspects sont multipliés et portés à l’échelle d’une ville entière abandonnée au milieu de l’océan… non seulement le cadre est poignant mais en plus le contexte économique et historique qui a conduit à cet abandon est lourd de sens, et l’ensemble prend une toute autre dimension.

En tant que « coup de coeur » du festival, qu’attendez-vous  de celui-ci ?
Etre exposé est déjà toujours une belle opportunité en soi. A commencer par celle de rencontrer un public et d’échanger … Dans le cas du festival Still in Motion, c’est aussi un plaisir d’être exposé aux côtés de photographes « établis », et ces événements sont souvent l’occasion de rencontres enrichissantes, que ce soit sur place ou en marge des festivités. Mais avant tout, je suis ravi de pouvoir présenter pour la première fois ce travail qui me tient à cœur, et j’espère qu’il touchera le public !

Le sténopé est la technique requise pour participer à  Still in Motion. Etes-vous familier de cette méthode ? Quels sont en général vos procédés photographiques ?
Je n’ai pour l’instant jamais eu l’occasion de m’essayer au sténopé ! Actuellement mon travail principal requiert plutôt de la précision et j’ai tendance à privilégier d’autres modes de capture. Je travaille essentiellement en argentique moyen format, mais je peux être amené à utiliser d’autres appareils selon les besoins d’une série…

Si vous deviez choisir un mot pour définir la source de votre inspiration….
Je dirais « l’Humain ». Que ce soit dans le cadre de mes travaux urbains ou dans mes mises en scène, c’est au final toujours de l’Humain que je souhaite parler. Sous la forme d’un questionnement global vis-à-vis de nos cadres de vie, déshumanisés ou mal-humanisés, ou sous la forme d’un questionnement intimiste sur nos espoirs et nos désillusions.

Pouvez-vous nous parler de quelques projets à venir ?
Je travaille actuellement à enrichir et donner plus de consistances à mes travaux « Histoires de Vies Ordinaires » et « Latences ». Je débute aussi une nouvelle série pour laquelle il s’agira toujours de mises en scène dans des univers oniriques de carton-pâte. Ces photos conserveront le ton désenchanté « d’Histoires de Vies Ordinaires » mais elles en inverseront les rapports sujet/rêve. Jusqu’à présent cette série montre des scènes « réelles » de gens en proie à leurs doutes, tandis que les prochaines auront pour décor les rêves eux mêmes… Je pense que comme la plupart de mes séries, ces travaux vont se dérouler sur de longues périodes !

Images :
Série « Latences » © Sébastien Tixier
Série « Que reste-t-il de nos rêves ? »© Sébastien Tixier
Série « Hashima » © Sébastien Tixier

Site web de Sébastien Tixier
http://www.sebtix.com/

Festival « Still in Motion »
www.stillinmotionfestival.com

En avant-première à PARIS…
LA CARTONNERIE | PARIS
Sam. 29 | Dim. 30 mai 2010
LA CARTONNERIE Paris, 12, rue Deguerry (Métro Parmentier/Goncourt)
Samedi 29 Mai – Dimanche 30 mai, 11h-19h, Soirée de lancement, Sam 29 mai, 19h-23h00

Première édition à Londres…
THE HORSE HOSPITAL | LONDON
Sam. 5 | Dim 6 juin 2010

Le poulain de Frédéric Mitterrand décroche la direction de l’INA
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Marie Lesbats

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