
Un des plus anciens Vermeer authentifié et mis aux enchères
La Sainte Praxède était jusqu’à maintenant très controversée. Ce tableau, peint en 1655 par Johannes Vermeer, a été authentifié comme étant une de ses œuvres les plus anciennes connues à ce jour. Estimée à 10 millions d’euros, la toile sera mise en vente en juillet prochain à Londres.
Même si le tableau est signé et daté, il divisait les experts depuis des décennies. Néanmoins, selon les commissaires-priseurs de Christie’s, les dernières analyses scientifiques réalisées par le Rijksmuseum d’Amsterdam, qui détient quatre des plus célèbres tableaux de Vermeer, dont la Laitière, montrent que la peinture au plomb blanche abondamment utilisée sur la toile provient du nord de l’Europe. Elle serait la même que celle utilisée dans une autre œuvre de jeunesse de Vermeer qui n’a jamais suscité de controverse (Diane et ses compagnes, exposée au Mauritshuis de la Haye).
Le pigment outremer brillant du ciel serait également typique des tableaux du maître hollandais selon eux et confirmerait donc son authenticité. L’œuvre était exposée dans la chapelle de la Visitation à Monaco depuis 1995 avec le reste de la collection de la milliardaire Barbara Piasecka Johnson, décédée en 2013. Sa collection a été décrochée afin d’être vendue dans le cadre de sa succession. Le produit des ventes devrait être reversé aux œuvres caritatives de l’Eglise.
Réalisée à 23 ans, lorsqu’il venait de se convertir au catholicisme (précédemment protestant) la Sainte Praxède est peinte afin de mettre fin aux réticences de sa belle-famille catholique. La Sainte est la représentation d’une martyre romaine, ayant porté secours aux chrétiens persécutés.
Les œuvres du peintre sont extrêmement convoitées, car ce qui est rare est cher. Il s’agit d’ailleurs de l’une des deux seules toiles du maître parmi les 37 seulement répertoriées. Il n’est toutefois pas le seul tableau de Vermeer victime de querelles d’experts. Rappelez-vous en 2004, la Dame jouant du virginal a finalement été authentifié et vendu par Sotheby’s en 2004 pour la modique somme de 20 millions d’euros.
Le marché de l’art se porte à merveille, c’est le moins que l’on puisse dire.