Arts

Le sculpteur Etienne-Martin redécouvert par le Centre Pompidou

25 juin 2010 | PAR Yaël Hirsch

Sculpteur non figuratif utilisant les matières comme des couleurs, Etienne-Martin (1913-1995) a créé la première sculpture de tissu de l’histoire de l’art moderne avec « Le Manteau » en 1962. A Travers 15 grandes pièces appartenant à ses collections permanentes, et des esquisses, le Centre Pompidou vous propose de redécouvrir au 4 e étage un art à la fois brut et architectural en quête d’origine.

Ami de l’écrivain Henri-Pierre Roché et proche de l’architecte Claude Parent, Etienne-Martin est connu depuis les années 1960 pour ses « Demeures » : 21 sculptures habitables qui recréent sa maison d’enfance à Loriol (Drôme). « Le Manteau » lui-même est la cinquième de ces demeures et sur l’affiche de l’exposition, on peut voir l’artiste l’ « habiter ». Avec chacune de ces demeures, Etienne-Martin expérimente diverses matières, qui vont du bois noble (tilleul, chêne), aux tissus mordorés, en passant par le bronze ou encore le caoutchouc qui fait rupture dans l’impressionnant « Mur-Miroir » (1979). Sculpteur parfois plus classique, Etienne-Martin part toujours de matériaux bruts, parfois récupérés (comme dans l’ « Idole des ramoneurs » qui part -dès 1946- d’un vestige de machine agricole, auxquels le sculpteur a « collé » casseroles et objets épars pour le rendre totémique).

Au contraire d’un Brancusi, il respecte toujours la forme originelle de cette origine matérielle, pour se laisser inspirer par elle : ainsi, « Ecce Homo » (1993) évoque un Christ foudroyé à partir des restes d’un oranger centenaire et foudroyé. Riche d’une nouvelle donation, la collection du Centre Pompidou- Musée National d’Art moderne montre 15 grandes œuvres d’Etienne Martin, mais aussi des archives personnelles, des schémas préparatoires au feutre et des sculptures moins connues et plus intimes comme les « Passementeries ». L’exposition révèle ainsi au grand public un artiste facsinant, remarqué par ses pairs et certains commissaires d’exposition (comme par exemple Harald Szeemann à la Dokumenta de Kassel en 1972), mais un peu oublié. Et le mysticisme brut d’Etienne-Marcel, sa quête de l’origine à travers des formes à la fois intimes et architecturales, pourraient bien faire de lui le chaînon manquant entre les surréalistes de l’acéphale d’une part, Jean Dubuffet de l’autre et certains grands contemporains : du « pauvre » Giuseppe Penone à Sarkis, également à l’honneur au Centre Pompidou en ce moment.

« Etienne-Martin », jusqu’au 23 septembre, Centre Pompidou, 4e étage, de 11h00 – 21h00 jusqu’à 23 h le jeudi, fermé le mardi, et le 1er mai, Paris 4e, m° Rambuteau ou Hôtel de Ville, Tarif plein 12€ ou 10€ selon période / tarif réduit 9€ ou 8 € selon période.

© Adagp, Paris 2010

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

2 thoughts on “Le sculpteur Etienne-Martin redécouvert par le Centre Pompidou”

Commentaire(s)

  • mes des truc fans !!!!!!! et plus d’informations si sais de la merde écoute moi un truc de sexe toy a+

    mai 26, 2011 at 18 h 19 min

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