Arts
Le Musée Maillol célèbre l’art du verre de Murano

Le Musée Maillol célèbre l’art du verre de Murano

27 mars 2013 | PAR Géraldine Bretault

Canaletto reparti, le musée poursuit son exploration de l’art vénitien en accueillant une exposition sur le verre de Murano, également mise en scène par Hubert Le Gall. Prouesse technique et régal des yeux sont au rendez-vous.

Petit conseil à votre arrivée au musée : descendez d’abord au sous-sol visionner la vidéo qui accompagne l’exposition. Vous y découvrirez en images toute l’énergie et l’engagement physique qu’un maître-verrier investit dans la production de pièces en verre, et vous n’en serez que plus ébloui en parcourant ensuite les salles. Le parcours a été confié à des commissaires de choix : Olivier Kaeppelin s’est chargé de l’art moderne et contemporain, tandis que Cristina Tonini et Rosa Barovier Mentasti (descendante d’une grande dynastie de verriers), ont réalisé le parcours historique.

Si la fabrication du verre est connue depuis les Romains, c’est bien sûr à Venise, et plus précisément dans la petite île de Murano, qu’il connaîtra son apogée, après le déclin du verre islamique et avant l’émergence du verre de Bohème. C’est dans le secret de leurs fours chauffés avec le bois des forêts environnantes que les grands maîtres-verriers vont multiplier les inventions techniques au cours de la Renaissance, qui portent de doux noms italiens comme lattimo, reticello, murrine. Rappelons seulement que la divulgation de ces recettes hors de Venise était passible de la peine de mort…

Au-delà du plaisir des yeux, la variété des pièces exposées nous permet d’entrevoir l’évolution des mœurs au fil du temps, des calices liturgiques à l’art de la table, du miroir d’apparat au surtout de table monumental figurant un jardin, du lustre grandiloquent au vase ornemental. La production verrière suit en effet les goûts de la clientèle, et ce jusqu’à nos jours : on reconnaît avec amusement la célèbre théière d’Alessi transposée en verre.

La dernière partie consacrée à l’art du XXIe siècle ouvre des voies insoupçonnées, entre les hommages insolents – les miroirs noirs baroques de Fred Wilson – et les créations résolument ancrées dans notre époque, comme ce magnifique lustre en miettes de Javier Pérez, dévoré par des corbeaux comme une vulgaire charogne.

Une exposition qui doit tout à la transmission patiente du savoir-faire des maîtres-verriers, génération après génération. C’est d’ailleurs à cette fin qu’Adriano Berengo a créé Glasstress, un événement d’envergure internationale présenté depuis 2009 à la Biennale de Venise, destiné à encourager la collaboration entre les artistes et les maîtres-verriers de Murano.

Gageons que l’alchimie du verre n’aura bientôt plus de secrets pour vous.

 

Crédits photographiques :
Ercole Barovier, vase à « murrine » transparentes, 1925 (en une) © Robert Lorenzson
Javier Pérez, « Carrona », 2011 © Francesco Allegretto
Fred Wilson, « Iago’s Mirro », 2009 © Francesco Allegretto

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Géraldine Bretault
Diplômée de l'École du Louvre en histoire de l'art et en muséologie, Géraldine Bretault est conférencière, créatrice et traductrice de contenus culturels. Elle a notamment collaboré avec des institutions culturelles (ICOM, INHA), des musées et des revues d'art et de design. Membre de l'Association des traducteurs littéraires de France, elle a obtenu la certification de l'Ecole de Traduction Littéraire en 2020. Géraldine a rejoint l'aventure de Toute La Culture en 2011, dans les rubriques Danse, Expos et Littérature. Elle a par ailleurs séjourné à Milan (2000) et à New York (2001, 2009-2011), où elle a travaillé en tant que docent au Museum of Arts and Design et au New Museum of Contemporary Art.

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