Arts
Le Louvre se met en parallèle avec la Cité Interdite

Le Louvre se met en parallèle avec la Cité Interdite

28 septembre 2011 | PAR Yaël Hirsch

Dans une expo-fleuve en 4 espaces, le Louvre fait découvrir au public français 130 œuvres de la collection des empereurs de Chine. « La Cité interdite au Louvre » met en parallèle la construction et la magnificence des dynasties Yuan, Ming et Qing avec celle des Valois et des Bourbons. En tout, plus de 250 objets et œuvres à voir jusqu’au 9 janvier 2012.

 

Dans l’aile Sully, les deux premières salles de l’exposition montrent comment la France et la Chine ont su entretenir des liens culturels et diplomatiques depuis Philippe Le Bel (1285-1314), les khan ilkhanides et le temps des Mongols. La porcelaine est le fil rouge de ces échanges culturels, comme en témoigne l’aiguière Gaignères. Si bien que la première salle de l’exposition juxtapose l’érection de Louvre sous Philippe Auguste puis François Premier et celle de la Cité interdite dans la ville qui deviendra avec la dynastie Ming Pékin.

 

 

 

La deuxième salle de l’exposition montre plus clairement les influences croisées entre les deux pays, notamment avec l’envoi par Louis XIV de Jésuites à la cour de Chine, et la commande par Napoléon 1ier d’un dictionnaire latin/ français/chinois. Si Versailles avait déjà mis en exergue en 2004 les relations intenses entre la France et la Chine sous le règne de Kangxi, empereur de Chine, l’exposition du Louvre en éclaire certains aspects plus récents : sous le règne de Yongzheng (1723-1735) certains artistes européens comme Giuseppe Castiglione (1688-1722) travaillent pour la Cité interdite et rapportent des symboles d’extrême-orient dans leur art.

 

Puis, une salle entière de l’aile Richelieu est dédiée à l’empereur Qianlong (1736-1795). Chasseur, joueur de Cithare et poète, cet empereur Qing a su se doter lui aussi d’une cour et a fait ériger la « galerie des batailles » à l(ouest de la Cité interdite pour recevoir les ambassadeurs étrangers. La décoration de ce bâtiment a d’ailleurs été confié à des peintres occidentaux. En plus de portraits magnifiques de l’empereur, le Louvre a également reconstitué la salle du trône de Qianlong (voir photo).

Enfin, joliment situé dans le Louvre médiéval, vous trouverez, après une série de projection de portraits d’empereurs et impératrices chinois sur les anciens murs, une maquette fascinante de la Cité interdite.

Juxtaposition plus que véritable étude d’influence mutuelle, « La cité interdite au Louvre » permet de se familiariser avec les empereurs chinois du 13e siècle à nos jours et en même temps de revenir sur la construction du Louvre lui-même.

 

 

 

Visuels :

Grand angle : « Portrait de l’empereur Kangxi en robe de cérémonie », copyright : musée du Palais impérial.
1) « Pin, faucon et champignon d’immortalité » de Giuseppe Castiglione, copyright : musée du Palais impérial.
2) « Portrait de l’empereur Yongzheng chassant un tigre », œuvre anonyme, copyright : musée du Palais impérial.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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