Arts
Le Centre Pompidou Metz interroge l’année 1917

Le Centre Pompidou Metz interroge l’année 1917

30 mai 2012 | PAR La Rédaction

On la surnomme souvent l’année « impossible ». Historiquement, 1917 a été marquée par la désastreuse bataille du Chemin des Dames et la Révolution russe, mais elle est également devenue un moment d’apogée artistique pour le siècle et le monde entier… Le Centre Pompidou-Metz lui consacre une exposition sans comparaison et foisonnante jusqu’au 24 septembre prochain.

Il est des années historiquement inoubliables, d’autres culturellement exceptionnelles, d’autres encore socialement marquantes et définissant un tournant. 1917 est tout cela et bien plus encore, une rupture dans l’histoire occidentale, une plongée dans la mondialisation par le tragique, la guerre, l’horreur, que seul l’art est parvenu à sublimer.

La nouvelle exposition du Centre Pompidou Metz, inaugurée la semaine dernière et ouverte au public samedi 26 mai, célèbre et retrace les grands événements historiques et artistiques qui ont jalonné et défini cette année hors du commun de l’histoire européenne et même en partie mondiale à travers des œuvres inégalées mais aussi des objets du quotidien.

L’un des piliers de l’exposition est le concept, la réalité et les représentations de la guerre. La Grande Guerre. 1917 marque en effet l’amplification et la mondialisation du conflit de la première Guerre mondiale, qui voit se propager armes et instruments modernes – mais aussi tellement destructeurs qu’ils en bouleversent les mentalités. Artistiquement, 1917 est conséquemment traversée par des courants plus ou moins révolutionnaires : de l’impressionnisme tardif au dadaïsme, ces courants sont représentés à merveille à travers l’exposition du Centre Pompidou de Metz qui rassemble près de 1500 pièces, allant des toiles aux douilles d’obus sculptées, en passant par des prothèses militaires, sculptures, photographies, dessins, affiches de propagandes, morceaux d’armes ou d’avions, etc.
Y figure également en point d’orgue la présentation exceptionnelle du géant rideau de scène du ballet composé par Erik Satie, « Parade », œuvre monumentale de Pablo Picasso, qui n’a pas été exposée en France depuis plus de vingt ans. Et les plus grands noms de l’art du début du XXème siècle s’y côtoient : les Allemands Max Beckmann, Emil Nolde et Otto Dix, les russes Vassily Kandinsky et Marc Chagall, le Suisse Paul Klee, le Français Fernand Leger, l’Espagnol Picasso ou encore les britanniques – moins connus en France – William Orpen et les frères John et Paul Nash qui ont sillonné – embedded – les tranchées françaises.

L’exposition a été conçue sur deux niveaux, en deux parties, sur une surface d’environ 2 300 m². La scénographie de l’exposition a été conçue par Didier Blin, architecte muséographe, assisté d’Erol Gulgonen, sous la direction de Claire Garnier et Laurent Le Bon.

La première partie de l’exposition est présentée en Galerie 1, au premier étage du Centre, et entend interroger la notion de distance par rapport aux événements, distance « physique ou symbolique ».  Nombreux ont été directement confrontés à la mort en cette année de guerre, ainsi qu’aux blessures et à la violence des combats. D’autres ont adopté une attitude de repli par rapport à cette violence sans précédent, soit au sein de communautés artistiques, soit au moyen d’une évasion plus intérieure, plus poétique, tel Claude Monet qui pousse à bout sa recherche autour des nymphéas en cette année 1917 avec le but affiché de défier la morbidité et la peur. La dernière salle de la Grande Nef, au rez-de-chaussée du Centre, ou se développe la seconde partie de l’exposition, accueille ces tableaux inoubliables.

Cette seconde partie de l’exposition s’articule, elle, autour de la problématique de la destruction et de la reconstruction, « tant physique que psychique », annonce les commissaires de l’exposition. Corps, visages et paysages, mais aussi appareils militaires et éléments d’architecture y sont représentés, a travers des portraits, des tableaux mais aussi des éléments de vie quotidienne datant tous, une fois de plus, de l’année 1917. Portraits de gueules cassées, représentations de tranchées, stigmates d’explosion, ou éléments de barbelés et autres ouvrages de guerre s’amoncèlent autour des tableaux iconiques de Nolde et Matisse. Pluridimensionnelle et transdisciplinaire, l’exposition inclut également des œuvres africaines récoltées durant les expéditions coloniales de 1917 par la France et l’Allemagne, des témoignages de la Révolution russe, ainsi que des représentations de ruines sous diverses formes, photographies, dessins, huiles sur toile, une des obsessions artistiques et sociales de l’année 1917 en Europe.

Le parcours se développe au final par salles thématisées qui laissent encore apparaître d’autres nombreux thèmes guerriers, mais font aussi émerger la naissance du mouvement Dada, les motifs d’Arlequin ou encore les représentations théâtrales de la Guerre qui émergent lors de cette année, « vaste matrice dense et complexe » telle que la désigne le directeur du Centre, Laurent Le Bon, dans son introduction au catalogue, sublime, de l’exposition, « une date-écrin » permettant de réunir « des chefs-d’œuvre et des œuvres inconnues » durant une bonne partie de cette année 2012, déjà si proche des prochaines célébrations du centenaire du début de la Grande Guerre.

Melissa Chemam.

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La Rédaction

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