Arts
Le 104 accueille les âmes en peine au musée des coeurs brisés

Le 104 accueille les âmes en peine au musée des coeurs brisés

11 janvier 2013 | PAR Sandra Bernard

Qui n’a jamais eu le cœur brisé ? Qui n’a jamais eu du mal à tourner la page après une relation intense et auréolée du bonheur ou de son impression ? Qui n’a jamais eu de regrets face à une histoire qui aurait pu, mais qui n’a finalement pas tenu ses promesses ?

Dans le cadre du festival de la Croatie en France, le 104 et le musée de Zagreb se sont associés pour proposer une exposition, à la fois originale et universelle, portant sur la rupture amoureuse et son deuil. En automne a eu lieu une collecte, auprès de particuliers anonymes, de reliques symbolisant un amour perdu. Des objets très divers, allant du plus désuet porte-clés cœur jusqu’au pistolet électrique ou l’alliance ont donné lieu au musée des coeurs brisées. Chaque artefact est accompagné d’un texte de son propriétaire racontant son histoire et sa fin. Tous les récits sont différents, mais chacun fait part d’un sentiment intense, qu’il ait duré 20 ans ou à peine quelques mois.

Au fil des pièces qui composent cette exposition se dégage une impression de nostalgie et de renouveau. Les donateurs, en ayant fait part de leur histoire et en se séparant de ces vestiges du passé, en extériorisant leurs sentiments, peuvent ainsi commencer leur deuil, sentiment permettant de tourner la page. Aussi, l’exposition n’est jamais triste car même si les histoires sont loin d’être gaies, elle se terminent généralement par une note d’espoir.

D’un point de vue formel, l’exposition est assez courte, à peine quatre salles et finalement peu d’objets exposés. Chacun est posé sur un piédestal blanc et est accompagné de son cartel détaillé. La scénographie mise principalement sur la lumière, et l’aspect brut et dépouillé du bâtiment convient parfaitement au thème ; une fois l’amour fini, il ne reste souvent que des débris (certains diront des ruines) désincarnés, froids et décrépis. D’un autre côté, l’atmosphère sombre et silencieuse pousse à l’introspection et au recueillement. En fin de compte, cette exposition présente aux visiteurs un miroir brisé d’émotions, une mosaïque de réflexions qui le poussent à s’interroger sur sa propre perception de l’amour, de ce qui est important pour lui et finalement à se pencher sur son histoire personnelle et ses sentiments. Ainsi, juste avant la sortie, une installation permet aux visiteurs de laisser un message de leur choix sur une feuille de papier A4 accrochée bien en évidence. Certains textes sont des messages d’amour universel, d’autres, plus prosaïques, incarnent une autre réalité du couple.

Visuels : SB et ABN

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Sandra Bernard
A étudié à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense l'Histoire et l'Histoire de l'Art. Après deux licences dans ces deux disciplines et un master recherche d'histoire médiévale spécialité histoire de l'Art dont le sujet s'intitulait "La représentation du costume dans la peinture française ayant pour sujet le haut Moyen Âge" Sandra a intégré un master professionnel d'histoire de l'Art : Médiation culturelle, Patrimoine et Numérique et terminé un mémoire sur "Les politiques culturelles communales actuelles en Île-de-France pour la mise en valeur du patrimoine bâti historique : le cas des communes de Sucy-en-Brie et de Saint-Denis". Ses centres d'intérêts sont multiples : culture asiatique (sous presque toutes ses formes), Histoire, Histoire de l'Art, l'art en général, les nouveaux médias, l'art des jardins et aussi la mode et la beauté. Contact : sandra[at]toutelaculture.com

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