Arts

La pluie et ses symboles au quai Branly

La pluie et ses symboles au quai Branly

06 mars 2012 | PAR Celeste Bronzetti

Le rapport de l’homme à la pluie : un voyage au fil de l’histoire des différentes communautés humaines repère toutes les approches rituelles qui cachent les espoirs et les sentiments de déférence par rapport à ce phénomène naturel.

Comme toujours dans les salles du Musée du quai Branly, c’est la recherche autour des symboles et des créations humaines qui devient le critère organisateur des expositions. La pluie et le rapport de l’homme à ses effets est le sujet de ce nouveau itinéraire au milieu des pratiques rituelles et des croyances mythiques des différentes sociétés humaines, toujours à la recherche d’un équilibre entre leurs activités vitales et les pouvoirs indomptables de la nature.

Lorsque j’ai pu me rendre compte de la variété des objets qui présentaient une relation à ce phénomène climatique, j’ai approfondi la réflexion et élargi l’horizon en mettant en résonance des objets venant de cultures différentes.

Cette déclaration du commissaire de l’exposition Françoise Cousin donne une idée assez précise de l’importance de l’objet tout au long du parcours : l’itinéraire étale de nombreuses créations humaines liées à la pluie. À partir de la matérialité des tissus naturels utilisés dans la mise en forme des vêtements pour se protéger de la pluie, jusqu’à la fabrication de véritables instruments musicaux qui reproduisent le son du tonnerre, aux nombreuses figurines de femmes, divinités de la pluie, qui symbolisent le rapport étroit entre la fécondité naturelle et humaine et l’âme féminine attribuée à ce phénomène météorologique, encore une fois l’objet devient le centre de la réflexion du musée du quai Branly autour des multiples activités et usages humains, profanes et religieux.
Le voyage à travers les rites africains, océaniens et asiatiques recherchant une forme de médiation avec les divinités et les ancêtres, autorités souvent sacralisées de la tradition, montre la variété des attitudes de l’homme par rapport à la pluie selon sa position géographique et l’époque dans laquelle il vit.

 

C’est justement cette pérégrination parmi les matériaux et les symboles les plus disparates  qu’on a le plus apprécié : on retrouve une façon de parler de l’homme tout à fait spécifique du quai Branly qui parvient à toucher au poétique, tout en restant profondément attachée à la matérialité de la terre sur laquelle on marche. À ce propos, une phrase affichée au mur appartenant à Dany Laferriere a attiré notre attention :

D’où vient, quand il pleut, cette envie folle de manger de la terre ? A cause de son odeur, sûrement. Au début, on ne sent rien. Puis quand la pluie commence à tomber, l’odeur monte. L’odeur de la terre.

Et c’est justement l’odeur de la terre qu’on a l’impression de saisir, par instant, tout au long des parcours aux nombreux virages qu’on suit lors de nos visites au Musée du quai Branly.

 

 

 

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