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Les monstres de Tim Burton envahissent la Cinémathèque !

Les monstres de Tim Burton envahissent la Cinémathèque !

06 mars 2012 | PAR Elodie Rustant

Les fans l’attendaient, ce jour est enfin arrivé, le fantasque cinéaste Tim Burton fait l’objet d’une grande rétrospective entre les murs de la Cinémathèque française.

L’exposition, produite par le MoMA, a voyagé à Melbourne, Toronto et Los Angeles avant d’être accueillie à Paris, ville très appréciée du cinéaste. Paris sera d’ailleurs l’unique ville européenne à avoir la chance de présenter cette exposition.

Tim Burton est sans conteste le pape du cinéma d’animation fantastique. Son univers sombre et poétique, peuplé de créatures absurdes, mi-effrayantes mi-attachantes, constitue aujourd’hui indiscutablement sa marque de fabrique.

Tim Burton grandit dans une banlieue pavillonnaire de Los Angeles, Burbank, où il s’ennuie ferme. « Un univers sans histoire, sans culture, sans passion », confie-t-il. Ce n’est sûrement pas un hasard si les aventures d’Edward (Edward aux mains d’argent, 1990) se déroulent dans une banlieue américaine aseptisée et glaciale. Le jeune Tim dessine alors les rêves et les bizarreries enfantines qui lui passent par la tête. Ce sont les monstres qui le passionnent le plus. Il n’est âgé que de 3 ans lorsqu’il regarde son premier film d’horreur mais les monstres ne revêtent pas une signification effrayante pour lui. « J’ai toujours aimé les films de monstres. Ils ne m’ont jamais fait peur. Ils dégageaient tous quelque chose qui me plaisait terriblement. » De cette période est née une multitude de dessins et de petits courts-métrages dévoilés en exclusivité dans l’exposition.

A l’âge de 18 ans, Burton, malgré son désintérêt pour les études, intègre la prestigieuse école d’art California Institute of the Arts fondée par Walt Disney lui-même. Son projet de fin d’études, le court film d’animation Stalk of the Celery Monster, hilarant, lui permettra de décrocher une place au département d’animation des Studios Disney au sein desquels il restera quatre ans.

C’est une véritable mine d’or que l’on découvre au fil des salles de la Cinémathèque. Regroupés en séries thématiques, les dessins dévoilent l’imagination débordante de l’artiste qui couche sur le papier nos pires cauchemars enfantins. Créatures unijambistes, enfant mi-garçonnet mi-huître, limace aux dents acérées, ou encore loup-garou tapi sous l’escalier. L’humour l’emporte toujours sur l’effroi et l’on finit par rire devant un humour noir si incisif.

Entre autres bijoux, on peut découvrir un court-métrage commandé en 1983 par Walt Disney qui ne fut diffusé qu’une seule fois : une version au casting asiatique d’Hansel et Gretel. La sorcière au nez en sucre d’orge fiche franchement les jetons, et la maison de pain d’épice dégoulinante de sirop rappelle immanquablement des scènes de Charlie et la Chocolaterie (2005).

Dans une autre salle, c’est une enseigne pour broyeur d’ordures qui nous est présentée. Le dessin publicitaire fut placardé sur les camions-poubelles de Burbank et constitua, à l’époque, la première véritable reconnaissance publique du talent de Burton.

La série Trick or Treat regroupe, quant à elle, plus de 180 dessins imaginés lorsque Burton concevait la première version de The nightmare before Christmas (1993). On y retrouve l’étrange faune de squelettes souriants et de citrouilles rigolardes du célèbre dessin animé. Un peu plus loin, c’est l’une des mains-ciseau de Johnny Depp qui est exposée, aux côtés de dessins préparatoires du costume de Catwoman (Batman, 1989) et des masques du justicier.

On regrette cependant une scénographie un peu sage. Outre le sas d’immersion flanqué d’un manège résolument « burtonien », les veinards qui ont visité l’expo du MoMA seront déçus de ne pas retrouver la bouche géante de monstre spécialement créée pour l’occasion et par laquelle le spectateur faisait son entrée.
L’univers cinématographique de Burton très visuel se prêtait pourtant à merveille aux plus excentriques délires scénographiques. On repense ici à la très belle rétrospective Almodóvar présentée en 2006 où l’univers du cinéaste espagnol sortait véritablement du cadre des œuvres pour s’incarner subtilement dans une scénographie audacieuse. Dommage…

A noter : pour les nostalgiques des vampires de Tim Burton, la Cinémathèque reprogramme sa filmographie complète. A re(voir) sans modération avec un gros paquet de berlingots sur les genoux !

 

Photos :

  1. Tim Burton, Sans titre (Frankenweenie).1982.Collection privée © 2011 Tim Burton
  2. Tim Burton sur le plateau. Photo Credit: Derek Frey
  3. Tim Burton, Storyboard de L’Etrange Noël de Monsieur Jack. 1993. Collection privée © 2011 Tim Burton
  4. Tim Burton, Sans titre (Trick or Treat). 1980. Collection privée © 2011 Tim Burton
  5. Tim Burton, Sans titre (Trick or Treat). 1980. Collection privée © 2011 Tim Burton
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Elodie Rustant

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