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La deuxième édition de la Marrakech art fair

La deuxième édition de la Marrakech art fair

21 septembre 2011 | PAR Amelie De Chaisemartin

La deuxième édition de la foire internationale d’art moderne et contemporain Marrakech Art Fair se déroule du 30 septembre au 3 octobre 2011 au Palace Es Saadi, avec la participation de 48 galeries internationales qui exposent leurs artistes phares. Une vingtaine de nouvelles galeries sont venues rejoindre les exposants de Marrakech Art Fair 2010.

En marge du programme des galeries participantes installées au Palace Es Saadi, Marrakech Art Fair promet de belles rencontres artistiques dans la ville, notamment grâce à l’Art Vidéo et les artistes vidéastes qui seront à l’honneur durant cette manifestation, à travers le parcours culturel. Une série de conférences et tables rondes est également proposée aux visiteurs de Marrakech Art Fair avec des expositions organisées dans des lieux emblématiques de la ville.

Outre la représentation très importante de la scène contemporaine turque, avec pour la première fois 6 galeries stambouliotes participant
à un événement international en dehors d’Istanbul (CDA Projects, PI Artworks, Empire Project, CAM Gallery, PG Art Gallery, et
Merkur), Marrakech Art Fair accueille également deux acteurs majeurs de la scène new-yorkaise : Metro Pictures et Edwynn Houk Gallery.
Une autre galerie de premier plan vient d’annoncer sa participation à Marrakech Art Fair : Il s’agit de Galleria Continua basée à San
Gimignano (Italy), Beijing (China), et Le Moulin (France). Toutes ces galeries de renom viennent ainsi renforcer la dimension internationale de cet événement.

La scène nord-africaine (Maroc et Tunisie) et celle du Moyen-Orient sont représentées par 13 galeries dont 9 marocaines. La galerie FJ, L’Artothèque et Sous Sol Art Gallery sont venues rejoindre les galeries marocaines dont la Galerie d’art L’Atelier 21, David Bloch gallery, Loft Art Gallery, Matisse Art Gallery, Galerie Shart et Venise Cadre-GVCC, mais également deux galeries tunisiennes : Le Violon Bleu et Galerie El Marsa.
A leurs côtés, une galerie de Dubai, Art Space, ainsi qu’Athr Gallery, venant d’Arabie Saoudite préparent leur entrée à Marrakech Art Fair pour rejoindre IVDE (Dubai). Parmi les galeries françaises, citons l’arrivée d’Albert Benamou, Aline Vidal, Daniela Da Prato Gallery, Galerie Dix9, Galerie
Jean Fournier et Besseiche Lartigue qui ont fait le choix de cette deuxième édition. Quant à la galerie Lelong, elle expose une oeuvre monumentale de Jaume Plensa, réalisée à l’occasion de Marrakech Art Fair.

La galerie russe Aidan Gallery et la galerie italienne Voice rallient également pour la première fois Marrakech Art Fair. Ces nouveaux exposants rejoignent les galeries françaises et européennes déjà présentes en 2010 : JGM. Galerie, Magnin-A, Jean Brolly, Galerie Di Meo, Galerie Dominique Fiat, Galerie Rive Gauche/Marcel Strouk, Galerie Marie Vitoux pour la France, ainsi que Piramidon, Centre d’art contemporain, pour l’Espagne.

Marrakech rendra hommage au réalisateur marocain Nabil Ayouch (nominé aux Oscars) et présentera deux de ses long-métrages ainsi qu’une série de vidéos de jeunes artistes marocains qu’il a produit depuis 2002, tels que Wahid El Moutanna, ou encore Hicham Jebbari.

Les principaux hôtels et Palaces du Quartier de l’Hivernage de Marrakech s’associeront à l’événement Marrakech Art Fair
en organisant en leurs murs, pour certains d’entre eux, des expositions thématiques. Ainsi, l’hôtel Sofitel de Marrakech accueillera une exposition de
photographies itinérante, intitulée « Fashion stills, si la mode m’était contée », et présentée par Polka Galerie (Paris).

De plus, Al Maaden Golf Resorts proposera à des galeristes de présenter leur « collection idéale », au sein de sa médina, dans des riads alliant architecture contemporaine et matériaux de tradition. Parmi les autres expositions prévues dans le parcours culturel, l’ancienne agence de la Banque du Maroc, place Jamaa El Fna accueillera pendant la foire, et même au-delà (jusqu’au 31 octobre) une exposition de photographies et vidéos d’artistes contemporains du monde arabe, intitulée « Images affranchies ».

Cet événement est organisé par « Art Holding Morocco », dont le président, Hicham Daoudi, a créé, en avril 2002, la première maison de vente aux enchères du Maroc et du Maghreb : la Compagnie marocaine des oeuvres et objets d’art (CMOOA). Depuis sa création, la CMOOA a organisé plus de trente ventes. En 2008, Hicham Daoudi a regroupé ses activités au sein d’une nouvelle entité, Art Holding Morocco, avec une trentaine de salariés et un chiffre d’affaires de l’ordre de 31 millions de dirhams. Le groupe publie aussi le magazine Diptyk et gère depuis juin 2009 la galerie CMOOA, un espace dédié à la création contemporaine à Rabat.

La Marrakech art fair, qui avait eu beaucoup de succès en 2010, devrait réunir encore plus de monde en 2011.

Si cette foire manifeste l’accroissement d’échanges artistiques internationaux et constitue une belle scène pour les artistes marocains, elle souligne aussi le fossé qui existe entre les classes les plus riches du pays, et le peuple, encore très pauvre. La foire réunira en effet riches européens et riches marocains dans les hôtels de luxe de la ville, tandis que certaines oeuvres des artistes exposés se heurtent à l’incompréhension de la population marocaine. Une oeuvre de Mehdi-Georges Lahlou, artiste de 27 ans, qui représentait le corps nu d’un artiste sur lequel des versets coraniques sont projetés grâce à un jeu de lumière, a sucité la polémique et la critique de centaines d’internautes. Mehdi-Georges Lahlou affirme cependant sur son site (www.mehdilahlou.com) qu’il «n’a jamais voulu insulter les membres de la communauté musulmane». «Nous comprenons tout à fait l’incompréhension qu’il peut y avoir face à certaines images de l’artiste Mehdi-Georges Lahlou, en particulier par rapport à la photographie «Koranic Inlay» 2010», reconnaît l’artiste.«Le discours de l’artiste n’est pas de heurter la sensibilité de certaines personnes, mais de représenter sa double appartenance, né de mère catholique et de père musulman. Son travail traite principalement de l’appréhension du corps dans un environnement culturel mixte», ajoute-t-il. Pour l’heure, Mehdi Georges Lahlou n’a pas annulé sa participitation à la foire, mais cette image n’y sera pas exposée.

Si l’art est mis à l’honneur par la ville et par le roi, qui a beaucoup aidé à organiser cette foire, l’émancipation de l’art marocain semble encore difficile, il serait illusoire de voir un lien entre le développement de ce marché de l’art, et une possible contagion des élans révolutionnaires du monde arabe, comme l’analyse Ali Amar dans son article « Un printemps arabe de l’art, vraiment ? », publié dans le journal Slate Afrique, la filiale de Slate.fr, créé par Jean-marie Colombani.

 

 

 

 

 

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Amelie De Chaisemartin

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