Arts
Jan Fabre ouvre ses blessures cérébrales galerie Templon

Jan Fabre ouvre ses blessures cérébrales galerie Templon

15 avril 2011 | PAR Bérénice Clerc

Jan Fabre investit la galerie Daniel templon du 15 avril au 21 mai. Le corps, l’esprit, le mouvement, la métamorphose et le travestissement sont célébrés grâce à différents médias comme la photo, les dessins et la sculpture. Simplicité et recherche dramaturgique épurées nous entrainent dans l’univers de l’artiste flamand polymorphe. Voir notre interview.

Daniel Templon aime les artistes, il les expose, les met en avant et les fait vivre dans une société où l’Art et la Culture doivent garder la face.

Jan Fabre, souvent connu pour ses mises en scène aux limites de la violence, ses chorégraphies, ses performances explosives aux frontières du corps et de ses fluides.

Certains le trouvent provocant, d’autres révolutionnaire, c’est un artiste complet, passionné toujours en recherche pour questionner le monde, l’espace, la vie, la mort, la nature.

Depuis trente ans son travail plastique voyage dans le monde entier, en 2008 Jan Fabre investit le Musée du Louvre à l’occasion d’une exposition exceptionnelle, L’Ange de la métamorphose, cet évènement a marqué la carrière récente du créateur.

A Paris, chez Daniel Templon il nous offre une mise en scène tissée entre les deux espaces. La grande galerie rue Beaubourg se concentre sur le cerveau humain, morceau physique de notre intellect impalpable. La poétique de l’organe, le romantisme de l’anatomie sont visibles via une quinzaine de dessins, de photos et de sculptures inédites. Des cerveaux alignés comme des hommes en rang, leur pensée enfermée dans cette case encore inexplorée, méconnue de notre corps. Sommes-nous le produit de notre inné ou de notre acquis ? Dans quelle mesure pouvons-nous changer notre cerveau ? Peut-on sortir de notre milieu, de notre éducation, de nos propres images ou superstitions ? Pourrions-nous être notre propre ennemi ? Le cerveau d’un tueur est-il si différent du notre ? Celui d’un artiste est-il plus libre ? Les anges ont-ils un cerveau ? Utiliser et penser, maitriser notre cerveau est-il une bonne raison pour s’éloigner de la nature et des animaux ?

Comment matérialiser le cerveau ?

Autant de questions posées par cette mise en espace et ces œuvres de Jan Fabre.

Les questions scientifiques trouvent quelques pistes de réponses grâce à la vidéo « Is the brain, the most sexy part of the body ? », dialogue avec Edward O. Wilson, l’un des plus grands scientifiques de notre temps avide de connaissance humaine.

La partie la plus intérieure de nous mêmes résonnera dans cet espace et nous fera rire, réfléchir et tenter de comprendre ce qu’est un Homme.

En face, impasse Beaubourg, l’artiste touche à ce que nous montrons de nous, les images, les apparences, les illusions offertes par les masques, les vêtements…

Jan Jabre se métamorphose en gangster, il prend la peau de Jacques Mesrine, à l’occasion d’une performance menée en 2008 Galerie Danru au musée du Louvre « Art kept me out of jail. »

Une vidéo, des photographies noir et blanc illustrent ce moment unique, alors qu’une grande série de dessins révèle les méandres de son processus créatif, de sa vie. La pensée se fait dessin, le dessin devient la pensée dans des autoportraits fascinants réalisés au crayon sur papier photographique, Jan Fabre semble pouvoir se transformer à l’infini, en détenu, en monstre, en clown, en victime…N’est-ce pas là l’essence même de l’artiste ? Se métamorphoser pour illustrer le monde, s’extraire du monde pour en inverser le sens, l’exprimer autrement avec un langage universel ?

Jan Fabre est puissant, charismatique, il intrigue, charme, choque, libère, passionne, l’authenticité et l’humanité sont très palpables dans cette double exposition.

 

Infos pratiques

Les soirées du week-end du 15 avril
Mon petit bunker, second roman de Marine Bramly
Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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