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Mon petit bunker, second roman de Marine Bramly

Mon petit bunker, second roman de Marine Bramly

15 avril 2011 | PAR Anais Tridon

 

Son précédent roman, Festin de Miettes (2008), a obtenu le grand prix littéraire de l’Héroïne Madame Figaro et le prix René-Fallet. C’est avec  simplicité et émotion que Marine Bramly revient sur son passé dans ce deuxième roman, Mon Petit Bunker, publié chez  JC Lattès.

 

Marine Bramly est née en 1969 à Dakar. Fille d’ethnologue, elle passe la plupart de son enfance sur  l’île de Gorée, au Sénégal. Dans ce roman clairement autobiographique, l’auteure nous fait part de ses souvenirs d’Afrique avec une certaine pudeur et beaucoup de mélancolie.

Enfermée dans son atelier à Paris, un soir de pluie, Noah, personnage principal, se souvient. Elle, la petite Blanche, sillonnait Dakar à sa guise, avec sa bande de gosses des rues. Elle était la mascotte des artisans de la ville, mécaniciens, ferblantiers : c’est dans leurs échoppes qu’elle a appris son métier d’artiste. Qui a jamais eu une enfance aussi libre et merveilleuse que Noah ?

Depuis l’âge adulte, pourtant, elle aborde l’Afrique avec distance, recul, comme quelque chose de tabou, quelque chose qu’il ne faudrait jamais évoquer, même avec ses proches. Mais qu’est ce qui l’empêche tant d’avancer ?  Quels souvenirs douloureux  ressurgissent ? Ce soir, Noah affronte enfin le passé, avec courage. À travers ce roman, elle revisite son enfance idéalisée, remet en cause certains épisodes de sa vie, qu’elle voudrait changer. On comprend alors que les souvenirs d’une enfance trop flamboyante peuvent empoisonner le présent et réduire les chances du bonheur à l’âge adulte. À chaque page, le mal être de Noah se fait ressentir; coincée dans son couple, bloquée dans son travail, elle n’a qu’une envie : faire voler en éclats la petite coquille bien paisible de sa vie, ce petit « bunker » où elle se croyait à l’abri.

On retrouve dans Mon petit bunker les mêmes qualités que dans Festin de miettes : du talent, un brin d’humour et d’émotion. Marine Bramly signe ici un roman à la fois drôle et nostalgique, qui oscille sans cesse entre l’enfance et l’âge adulte.

« J’ai l’accent sénégalais, je n’y peux rien. Il n’y a qu’en France et à la maison avec mes parents que j’arrive à parler comme une Toubab normale. Si les touristes me choisissent comme guide, c’est aussi pour ça. Parce qu’une gamine blanche toute maigre avec l’accent qui court après l’argent, ça fait plus pitié. Ils doivent se dire que j’en ai vraiment très besoin. Ça se voit qu’ils ont envie de me poser plein de questions sur ma vie, et que leurs gosses rêveraient d’échanger la leur contre la mienne. »

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Anais Tridon

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