Arts

[Interview] Julie Watai, photographe pop, douce et forte à la fois

[Interview] Julie Watai, photographe pop, douce et forte à la fois

20 décembre 2013 | PAR Sandra Bernard

Julie Watai, jeune artiste photographe japonaise connue pour son livre de photographies Samurai girl (épuisé) est une icône montante de la pop culture japonaise. Venue en France il y a deux ans lors de la Japan Expo et vue dans plusieurs émissions Japan in motion diffusée sur Nolife, TLC l’a rencontrée lors du Salon Tokyo Crazy Kawaii Paris 2013.


Questions d’ordre général :

Pouvez-vous nous livrer votre propre définition de la notion de kawaii ?

Julie Watai : Pour moi, c’est comme « cute », tout en étant un peu différent. Pour moi, le kawaii c’est de montrer des femmes fortes telles que Nausicäa, qui est une héroïne à la fois forte et mignonne.

Par quoi faut-il commencer pour être kawaii ?

Julie Watai : Les petits garçons aussi veulent être kawaii, par exemple en mettant des bracelets. Pour moi, c’est une réaction à la dépression mondiale, ça répond à un besoin.

Quelle a été votre réaction quand on vous a proposé de participer au Tokyo Crazy Kawaii ?

Julie Watai : J’étais très contente car le public français vient me parler en nombre.

Concernant votre travail :

Quelles sont vos influences ?

Julie Watai : Quand j’étais petite, je voulais être mangaka, mais je n’ai pas pu. Alors, je mets toutes mes idées dans mes photographies.

D’où vient votre passion pour la photographie ?

Julie Watai : Le déclencheur a été lorsque je me suis rendue dans un Comic-Con et que j’ai commencé à prendre des photographies des cosplayeurs.

Pensez-vous qu’un jour les tendances geek et kawaii se rejoindront ?

Julie Watai : Dans mes œuvres, j’essaye de mêler les deux tendances. Ainsi, dans Samurai Girl, les femmes sont belles, combattantes et entourées de mechas et autres avatars de la culture électronique.

Quels matériels et logiciels utilisez-vous ?

Julie Watai : J’utilise généralement un appareil photo Canon IO5 5D Mark 2 et les logiciels photoshop et data bending.

Les femmes otakus (passionnées de, souvent péjoratif au Japon) sont-elles mieux perçues au Japon ?

Julie Watai : Au Japon, il est difficile pour les femmes de vivre en étant elles-mêmes, aussi, elles cachent d’autant plus leur côté otaku. Cependant, on voit beaucoup de cosplayeuses, même à la télévision…

Comment ont réagi vos proches lorsque vous leur avez annoncé que vous alliez être publiée si jeune ?

Julie Watai : Quand j’ai débuté avec Samurai Girl, j’ai proposé mon projet à toutes les maisons d’édition, j’ai essuyé refus sur refus, et c’est finalement une maison d’édition italienne qui a accepté mon ouvrage. Aussi, je suis partie vivre en Italie quelque temps. À ce moment-là, mes proches, et surtout mes parents, se sont plus inquiétés pour moi que pour le devenir du livre.

Impressions sur la France :

 Avez-vous un message pour le public français ?

Julie Watai : J’utilise beaucoup Facebook et je reçois beaucoup de messages, alors n’hésitez pas à m’écrire.

Ce n’est pas la première fois que vous venez à Paris, avez-vous pu visiter un peu la ville, les monuments et goûter un peu à la cuisine ?

Julie Watai : J’aime beaucoup la ville. Les femmes françaises sont très belles et ont quelque chose de kawaii dans le sens japonais du terme.

Toute La Culture remercie Julie Watai, sa manageuse, ainsi que le traducteur du Salon pour le temps qu’ils nous ont accordé et pour avoir bien voulu répondre (et traduire) nos questions.

Visuels : © Sandra Bernard + Julie Watai/Samurai Girl

Site de Julie Watai

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Sandra Bernard
A étudié à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense l'Histoire et l'Histoire de l'Art. Après deux licences dans ces deux disciplines et un master recherche d'histoire médiévale spécialité histoire de l'Art dont le sujet s'intitulait "La représentation du costume dans la peinture française ayant pour sujet le haut Moyen Âge" Sandra a intégré un master professionnel d'histoire de l'Art : Médiation culturelle, Patrimoine et Numérique et terminé un mémoire sur "Les politiques culturelles communales actuelles en Île-de-France pour la mise en valeur du patrimoine bâti historique : le cas des communes de Sucy-en-Brie et de Saint-Denis". Ses centres d'intérêts sont multiples : culture asiatique (sous presque toutes ses formes), Histoire, Histoire de l'Art, l'art en général, les nouveaux médias, l'art des jardins et aussi la mode et la beauté. Contact : sandra[at]toutelaculture.com

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