Arts

Henri Cartier-Bresson au Musée d’Art Moderne

18 juin 2009 | PAR Juliette

hcbubud-bali-indonesie-1949Du 19 juin au 13 septembre, le Musée d’art moderne de la Ville célèbre le centenaire de la naissance du photographe Henri Cartier-Bresson dans une rétrospective, intitulée L’imaginaire d’après nature, et réunissant soixante-dix photographies déjà exposées ensemble à la fin des années 70.

Dans une ambiance anthracite, les visiteurs scrutent l’histoire au travers du caléidoscope de « l’œil du siècle ». Miroir de notre civilisation, les œuvres de HCB affichées en large format (70 par 90) pointent du doigt guerres, scènes de vie parisienne, vie religieuse italienne ou encore paysages normands. Structurée en quatre thèmes, Premières œuvres, HCB témoin de son temps, HCB photographe de la vie quotidienne et HCB portraitiste, l’exposition impose de l’espace pour laisser le public errer dans son siècle.

Ci contre : Ubud, Bali, Indonésie, 1949 @Henri Cartier-Bresson/Magnum Photos

Profondément marqué par son arrestation et ses évasions pendant la seconde guerre mondiale, le photographe seine-et-marnais a toujours cherché à témoigner de la souffrance et l’Humanité à travers le monde. Cartier-Bresson se plaisait à dire que « le reportage est une opération de la tête, de l’œil et du cœur pour exprimer un problème, fixer un évènement ou des impression ». En effet, cette exposition ressemble à un porte-folio d’émotions ressenties par le modèle, le photographe et le visiteur. L’œuvre intitulée Entr’acte à l’opéra, Glyndebourne, Angleterre (1953) nous laisse ouïr les ré-accords des instruments encore chauds du premier acte ; alors que notre regard saute 10 ans, notre ventre se contracte devant la pression palpable de La visite de De Gaulle, Rouergue, France (1961) pendant les événements tragiques d’Algérie. Chacune des soixante-dix scènes portent son lot de souvenirs, d’histoire et de sentiments. Le quatrième volet de l’exposition dresse le portrait de treize personnalités hétéroclites phares de leur temps. De Matisse à Prévert en passant par le couple Joliot-Curie, HCB sublime la nature de chacun sans voyeurisme ni pudibonderie.hcb-simiane

Dans la dernière salle de l’espace consacré au photographe, le visiteur entre dans l’obscurité d’une salle de cinéma pour visionner un montage dévoilant les quelques prises de vue pour un même sujet puis le choix définitif de l’artiste. Un film muet s’immisçant dans l’esprit du grand Henri Cartier-Bresson, Œil du siècle.

Accrochées à même le mur par un adhésif double face, les œuvres apparaissent proches, simples, s’offrant en sanctuaire d’une époque. En hommage à Cartier-Bresson passionné par les surréalistes, laissons libre court à nos sentiments devant ces clichés tout simplement humains.

Simiane-la-Rotonde, France, 1969 @ Henri Cartier-Bresson/Magnum Photos

Juliette Chain

Henri Cartier-Bresson L’imaginaire d’après nature du 19 juin au 13 septembre 2009 au Musée d’Art moderne de la ville de Paris 11 avenue du Président Wilson 75116 Paris du mardi au dimanche de 10h à 18h noctune le jeudi de 10h à 22h. tarif plein 6€, tarif réduit 4.50€ et jeune 3€

Au même moment au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, L’oeil du critique. Pour lire notre critique justement, cliquez ici

La Maison Européenne de la Photographie propose aussi, et jusqu’au 30 août 2009 une exposition sur HCB. Pour lire notre critique, cliquez ici

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