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« Visions d’exil » : L’atelier des artistes en exil inaugure le 2ème temps fort du festival

« Visions d’exil » : L’atelier des artistes en exil inaugure le 2ème temps fort du festival

19 novembre 2019 | PAR Amina Lahmar

L’atelier des artistes en exil, en résidence à la Cité internationale des arts, ouvre le bal du deuxième temps fort du festival « Visons d’exil« , qui se tient jusqu’au 30 novembre 2019  dans plusieurs lieux parisiens. De 18h jusqu’à ce que le groupe Neshama quitte la scène sous l’ovation générale, la soirée d’ouverture a laissé les visiteurs entrer dans les salles afin de découvrir des artistes exilés, et des œuvres imprégnées sur trois étages.

Partir c’est toujours un peu rester. Pour ce deuxième temps fort du festival « Visions d’exil », l’atelier des artistes en exil, en résidence à la cité internationale des arts, s’est chargé de l’inauguration ce vendredi 15 octobre. Il faut explorer en tout 3 étages du bâtiments de la Cité internationale des arts de Montmartre réservés à cet effet. Comme dans un donjon mystérieux, on découvre dans de petits salles, les œuvres et travaux artistiques sur le langage. Les salles d’expositions sont majoritairement habitées par la question de la langue sous différentes formes. Collages, dessins ou création vidéo, les formats de cette liste non-exhaustive ne manquent pas. Ainsi la série « Hiéroglyphes » d’Alpha, tapisse les murs. L’artiste mauritanien témoigne à travers ses dessins de son exil, de son passage dans la « jungle » de Calais en finissant à Paris. Ces petits dessins au style pop-art racontent l’histoire de son périple. Ici, le dessin c’est sa langue. Elle fait comme un pont entre le spectateur et les souvenirs d’Alpha. Dans une autre salle, Cristóbal Ochoa, originaire du Venezuela, présente « E« , un projet artistique vidéo qui met en lumière ses interrogations autour de cette lettre, vraisemblablement un supplice pour celles et ceux qui apprennent le français. Aux antipodes de La disparition de Georges Perec, l’artiste incite les spectateurs à réaliser la place de la lettre « E » dans la langue française. Cette voyelle qui mute se retrouve au centre de sa vidéo où le « E » est décortiquée et appréhendée sous plusieurs de ses facettes. La soirée s’achèvera, non sans mal pour le public qui ne voudra pas décrocher, sur une performance musicale de Neshama.

Neshama: point d’orgue de la soirée

Bouzouki, derbouka et table de mixage, vers 21h, le groupe de musique électro-oriental Neshama entre en scène. Wael Alkak, musicien syrien et membre de l’atelier des artistes en exil, fondateur de Neshama, s’est inspiré des chants révolutionnaires du printemps syrien, mêlant mélodies traditionnelles et musique digitalisée. La formation de 5 musiciens d’origine syrienne, tous éparpillés aux quatre coins de l’Europe, a transporté les visiteurs. Ce soir-là, majoritairement, le public ne saisissait pas le sens des paroles de ces chants populaires mais les courbes mélodiques du chanteur Yazan Alqaq l’ont totalement traversé. L’énergie de la musique recrée l’ambiance des manifestations syriennes. En mettant de côté les considérations politiques de chacun, la musique en elle-même a dévoilé la puissance des tonalités orientales: celles qui vous font frisonner et vous font découvrir les failles de votre cœur. L’audience totalement emportée a vibré dans des passages traditionnels ou plus électroniques. Alors que la formation musicale change très souvent dû à la distances des membres à travers le monde, Jamal Alsakka, maître de concert au sein l’Orchestre national syrien de musique arabe a assuré la rythmique. L’agilité de ses mains sur la peau de la derbouka, a dévoilé ses secrets de maîtrise : il est l’un des plus anciens maîtres de chaâbi du Levant et de la région arabe. Loay Henawy soufflait sur la scène le son chaleureux du nay, en alternant avec des percussions, quelques fois en dialogue avec Jamal Alsakka. Tout comme les autres membres, Fajer Abdallah,  à la basse, possède plusieurs corde à son arc puisqu’il excelle également dans le oud. Tous ces exilés, ont un pied très ancré dans la musique. Tous sont passés par l’Orchestre national de Syrie. Puisque leur vie a manifestement été marqué par le voyage, Neshama est une véritable invitation à s’y rendre, sans quitter la salle.

 
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Amina Lahmar

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