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Le Festival Paris en Toutes Lettres se clôt en beauté et en saké sur les « Notes de chevet » de Sei Shônagon

Le Festival Paris en Toutes Lettres se clôt en beauté et en saké sur les « Notes de chevet » de Sei Shônagon

19 novembre 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Voilà, c’est fini. En guise clôture du festival, la Maison de la Poésie proposait une double programmation prenant la forme de deux concerts littéraires. Dans la grande salle, La Route de Kerouac par Raphaële Lannadère (L), Nicolas Martel & Antoine Montgaudon, et dans la petite, à la beauté voûtée, le temps suspendu par Mahut et Raphaëlle Saudinos. Notre choix s’est porté vers cet exil dans le temps, au Japon médiéval.

Les Notes de chevet de Sei Shônagon est un classique de la littérature japonaise. Il s’agit de courtes nouvelles ou poèmes numérotés qui recensent, comme le fera Perec bien longtemps après, des « choses ».

A ce moment-là. Voir Mahut, dément percussionniste, compagnon de route de Burger, Higelin, Lavilliers et la comédienne Raphaëlle Saudinos nous bascule plutôt dans l’idée d’une reprise de « My favorite things ». C’est délicieux, « ravissant » dirait plutôt Sei Shônagon au XIe siècle, rééditée par Gallimard au XXe.

Mahut opère, face à une table pleine d’objets. Il crée une bande sonore à la fois onirique et douce au spleen glissant. Il faut saluer ce partenariat assez fou avec La maison du saké. Le résultat est un accord saké-textes-musique qui évolue tout au long de la soirée. A chaque corpus correspond un alcool. Le premier léger, le second proche de la terre et le denier plus acide…

Alors, tout commence avec des réflexions sur la beauté de l’instant, « Au printemps, c’est l’aurore que je préfère », pour finir sur les choses qui passent, comme « l’âge des gens ». La comédienne délivre des poèmes, des pensées, des mythes… Nous sommes basculés dans la langue de cette écrivaine de cour, célèbre en son temps, et à la liberté désirable. Elle parle de ses amours, d’attentes nocturnes, de mélancolie… Elle est cynique et espiègle quand elle cible ceux qui ne sont »ni ses amants, ni ses amis ».

Dans la cave de la Maison, on s’enivre de partout. La musique de Mahut fait son de tout bois. Il sample tout ce qui est juste, et si c’est un marteau-jouet qui résonne bien contre son crane chauve, alors, pourquoi s’en priver ?

En attendant la prochaine édition de Paris en toutes lettres, ayez un œil sur la programmation toujours en mouvement de La Maison de la poésie et lisez, Notes de chevet de Sei Shônagon, chez Gallimard, écrit en 1002, rééd. 1985.

 

Visuel : ABN

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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