Expos
Un hommage au travail d’YSL à travers les « Femmes berbères du Maroc »

Un hommage au travail d’YSL à travers les « Femmes berbères du Maroc »

19 mars 2014 | PAR Marie Boscher

Entre la sortie des deux biopics consacrés au couturier légendaire Yves Saint Laurent, la fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent a rassemblé une partie des collections personnelles du couple pour une exposition sur les femmes berbères du Maroc.

Dès leur arrivée au Maroc en 1966, Pierre Bergé et Yves Saint Laurent ont rassemblé des parures, des tapis ainsi que des objets de la vie quotidienne appartenant à l’art berbère. D’abord installé dans une médina de Dar Es Saada, le couple fera en 1980 l’acquisition du célèbre jardin aux murs du bleu outremer à la fois intense et clair du peintre Jacques Majorelle. Ce dernier était lui aussi un amoureux de la culture berbère qu’il a largement représenté dans ses œuvres. Après la mort d’Yves Saint Laurent, Pierre Bergé choisit de faire don de la villa à la fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent en 2010 qui y ouvrira l’année suivante un musée berbère qui rassemble aujourd’hui plus de 600 objets emblématiques de la culture berbère.

C’est dans les fonds de ce musée que la fondation a choisi de puiser pour réaliser l’exposition Femmes berbères du Maroc, en y ajoutant des pièces de collections particulières et du musée du Quai Branly. Yves Saint Laurent a souvent revendiqué s’être inspiré des couleurs utilisées par les femmes berbères pour créer ses collections. Né en Algérie française, il a appris la couleur au Maroc en s’inspirant de la gamme chromatique utilisée par les femmes berbères qui puisaient leur inspiration dans leur environnement. Björn Dahlström, commissaire de l’exposition, raconte les inspirations de ces femmes : « Le vocabulaire décoratif est très géométrique, parfois allégorique et souvent lié à la prophylaxie, à la protection. Il y a des éléments que l’on peut retrouver dans tout le bassin méditerranéen comme les chevrons et les triangles. Après, les couleurs s’imposent par ce qu’il y a alentour : le corail qui vient du bassin de la Méditerranée, par exemple. Pour les textiles, les femmes berbères utilisent des colorants naturels. Les couleurs s’imposent par le site sur lequel les tribus évoluent. On voit qu’il y a plus de rouge dans le Moyen-Atlas que d’indigo que l’on trouvera plutôt sur les marges du Sahara. »

A l’ouverture du musée Majorelle, les commissaires et conservateurs se sont aperçus que la majorité des pièces concernaient les femmes. Pour Björn Dahlström, ce n’est pas étonnant : « Ce sont elles qui transmettent et ont transmis depuis des millénaires la culture et l’identité berbère à travers la langue qui a persisté malgré les vicissitudes que cette identité berbère et ce patrimoine ont connu dans le nord de l’Afrique de manière générale, suite aux invasions arabes, aux conquêtes coloniales. Cette langue a perduré et elle a été transmise par les femmes. Les femmes ont aussi transmis les savoir-faire qui sont conséquents à la culture berbère comme le tissage des tapis et des textiles qui est un savoir-faire exclusivement féminin chez les berbères du Maroc. »

L’exposition présente les objets que les femmes berbères produisent mais aussi les apparats berbères qu’elles portent et qui leur permet, selon les régions, de s’identifier comme appartenant à telle ou telle tribu. Rassembler ces objets, c’est célébrer les traditions berbères mais également retrouver les éléments qui ont inspiré Yves Saint Laurent qui resta très attaché à cette culture jusqu’à la fin de sa vie. L’exposition témoigne de la diversité et de la créativité des femmes tant exaltées par le couturier.

Visuels : affiche de l’exposition.
Photos de l’exposition © Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent / photo Luc Castel

Infos pratiques

Les Concerts de Poche
Librairie Apo (K) lyps
Marie Boscher

One thought on “Un hommage au travail d’YSL à travers les « Femmes berbères du Maroc »”

Commentaire(s)

  • José CASTANO

    « LA KAHENA »

    « Jeanne d’Arc berbère »

    “Un des caractères particuliers de nos romans, écrivaient les Goncourt en janvier 1861, ce sera d’être les romans les plus historiques de ce temps-ci, les romans qui fourniront le plus de faits et de vérité vraies à l’histoire morale du siècle ».
    Ils ont affirmé, à maintes reprises, que leur roman était une œuvre d’observation et que « l’idéal du roman, c’est de donner avec l’art la plus vive impression du vrai humain quel qu’il soit ».
    C’est cette conception du roman qui m’a incité en 1982 avec « Les larmes de la passion » puis, en 1990 avec « Afin que nul n’oublie » à écrire, sous cette forme, l’Histoire de l’Algérie française en incorporant aux faits et aux événements, rigoureusement réels, des personnages de fiction.
    En 1984, j’avais également fait paraître un roman historique « La Princesse berbère » (La Kahéna) qui contait à travers des faits réels la fabuleuse épopée de cette reine berbère qui s’opposa avec grandeur, au VIIème siècle, à l’invasion arabe de l’Afrique du Nord. Cet ouvrage obtint le prix « Mare Nostrum » et connut un vif succès auprès de la communauté berbère de France et celle des Français originaires d’AFN, passionnés qu’ils sont par l’histoire de ce pays qu’ils ont aimé au-delà de la raison…
    Vite épuisé puis réédité à trois reprises, de nouvelles réalisations ne permirent pas de tirages supplémentaires… jusqu’en 2017.
    De nos jours, ce personnage hors du commun occulté par les livres d’histoire, vagabonde toujours dans les esprits rêveurs…
    Le sectarisme et l’exclusion à l’égard de la culture berbère dès l’indépendance des pays du Maghreb (les chaires universitaires ont disparu en 1956 à Rabat et en 1962 à Alger), la désinformation des livres scolaires, les atteintes perpétuelles au patrimoine et à la mémoire, la mise sous séquestre du potentiel culturel, artistique et intellectuel n’ont jamais permis aux Berbères de se réaliser… d’où certaines similitudes avec la diaspora des Français d’AFN toujours en quête de reconnaissance…
    Aujourd’hui, ils revendiquent leur appartenance à cette race fière, noble et libre « Imochagh » qui caractérisait leurs ancêtres et, en quête permanente de leurs racines, se penchent avec nostalgie sur leur histoire.
    Cet ouvrage consacré à la kahéna : « La Princesse berbère » est venu les réconforter. C’est un plaidoyer, une œuvre de mémoire qui répond à l’attente des uns et des autres… Et à travers ces lignes imprégnées de poésie, de couleur, de vérité et de vie, ensemble, ils s’imaginent participer à la fabuleuse aventure de cette reine qui marqua d’une empreinte indélébile la résistance berbère en AFN.
    Concernant la Kahéna, il ne s’agit pas là d’un personnage « virtuel » mais ayant bel et bien existé au VIIe siècle (époque de l’invasion arabe) et qu’Ibn-Khaldoun, grand historien arabe, a fait revivre dans ses prolégomènes : « Histoire des Berbères ».

    … Quinze ans après la mort du Prophète Mahomet, les armées arabes abordaient l’Afrique du Nord. Ce pays, jadis transformé par la civilisation romaine, conquis à la foi judéo-chrétienne, va entrer dans l’ensemble, de jour en jour agrandi du monde musulman. C’est alors, que pour faire face à l’envahisseur, une femme va organiser la résistance berbère, réaliser la difficile unité du Maghreb et infliger aux cavaliers arabes de cuisantes défaites. Celle-ci, connue dans l’histoire sous le nom de la Kahéna, avait un caractère sacré. Il signifiait, la sorcière, la prêtresse, la devineresse. Dihia (Deya Bent Nifak Cohen) –c’était elle- possédait en effet un don prophétique et était vénérée de son peuple. Mais ses succès mêmes causeront sa chute…
    Durcie par ses victoires dans une orgueilleuse intransigeance, ne vivant plus que pour son clan, cette femme, si longtemps écoutée et obéie, ne pourra maintenir l’unité berbère et juguler les séculaires rivalités entre tribus. Dès lors, elle prédira son propre destin et, cernée par la trahison, verra dans un ultime baroud d’honneur tomber les meilleurs de ses compagnons.
    L’islamisation de l’Afrique du Nord était en marche…
    C’est à travers des faits réels rapportés par les éminents historiens que furent Ibn-Khaldoun, Gautier, Gsell, Marçais, que l’épopée de cette reine berbère est contée dans cet ouvrage selon la vision d’Ibn-Khaldoun : « Le but poursuivi est d’établir une règle sûre pour distinguer dans les récits la vérité de l’erreur… un instrument qui permette d’apprécier les faits avec exactitude ». Tel est, en effet, le but que je me suis proposé d’atteindre en respectant les faits, la chronologie des événements et jusqu’aux paysages de cette époque qui servent d’écrin à l’extraordinaire épopée de cette « Jeanne d’Arc berbère » qui incarna avec tant de grandeur la folie d’indépendance et la fierté passionnée d’un peuple.
    Aujourd’hui, l’épopée de la Kahéna est encore fréquemment le sujet des poèmes que psalmodient les rhapsodes indigènes dans les villages berbères. Une gloire, un vague nimbe, une auréole à peine esquissée flotte au-dessus de sa tête et les Aurésiens gardent au cœur son souvenir parce qu’elle est leur passé, parce qu’elle est et demeurera pour des siècles encore leur kahéna et qu’elle cesserait d’exister s’ils cessaient d’y penser et de l’aimer.

    José CASTANO
    Courriel : [email protected]

    LA PRINCESSE BERBERE

    (La Kahéna)

    – Roman historique –

    Commande auprès des Publications José CASTANO
    BP67 – 34250 PALAVAS LES FLOTS
    Prix : 19€, franco de port.

    août 5, 2017 at 18 h 21 min

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture