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Munch, Michelangelo, Hockney : quand le Moma et le Whitney sont à Paris, à New-York, c’est le Metropolitan Museum qu’il faut visiter

Munch, Michelangelo, Hockney : quand le Moma et le Whitney sont à Paris, à New-York, c’est le Metropolitan Museum qu’il faut visiter

27 novembre 2017 | PAR Yaël Hirsch

Alors que le Whitney expose ses icônes Pop au Musée Maillol et que le MoMa nous ouvre les pages de son Histoire avec ses chefs d’oeuvres chez Louis Vuitton, à New-York, le Metropolitan Museum donne le vertige avec pas moins de 6 grandes expositions sur deux de ses trois sites. Si vous passez par New-York, attention, chefs d’oeuvres incontournables…

Le choc Munch
En plus du site originel de 1000, 5th Avenue, et des Cloisters, à la faveur du déménagement du Whitney dans Meatpacking (lire notre article), le Met s’est étendu à l’ancien bâtiment du Musée d’Art Américain avec le Met Breuer. Où se tient en ce moment une des plus grandes expositions qu’il n’a jamais été donné de voir sur Edward Munch (1863–1944). En 43 tableaux du maître norvégien de l’angoisse et 16 autoportraits placés au centre derrière le final, définitif et éponyme Entre l’horloge et le lit (1944), le visiteur entre dans l’univers sombre et mouvant de Munch. Résolument thématique, l’accrochage permet à la fois de voir l’évolution de la matière et la peinture en 60 ans d’exercice mais elle met aussi en avant les obsessions fixes de l’artistes : les portraits, les paysages sombres et nocturnes, du Nord, même en banlieue parisienne, le corps passionnée, adolescent, tentateur, mais toujours source de douleur sous la sève, l’angoisse (deux variations sur le fameux « Cri ») et surtout en coulisses et omniprésent : le décès insurmontable de sa sœur Sophie en une salle de scènes de lit auprès de la jeune-fille malade, de la famille autour de son corps et une Pieta bouleversante. Une exposition exhaustive et puissante comme jamais, co-organisée avec le San Francisco Museum of Modern Art et le Munch Museum d’Oslo.

Raghubir Singh, pionnier de la photo de rue indienne
Au deuxième étage du musée, l’n peut découvrir le travail de Raghubir Singh (1942–1999) en 85 photos fortes, qui met en avant le travail de cet artiste né au Rajasthanet qui a vécu un peu partout en Europe, en mettant ses puissantes photos de rue, à Benares, Calcutta ou ailleurs en Inde, en perspective avec d’autres clichés sur le pays réalisés par de grands maîtres comme Henri-Carter Bresson et également de jeunes photographes que l’art de Raghubir Singh a impactés comme Ketaki Sheth.

Delirious, la Folie à l’âge contemporain
Au dernier étage de l’aile Breuer, place à la folie créative avec Delirious, une exposition où l’art joue avec les limites de la raisons. Pas mal selon les diagonales et les fables de l’art minimal américain (Dara Birnbaum, Philip Guston, Sol LeWitt, Bruce Nauman, Claes Oldenburg, A Robert Smithson, Nancy Spero…) mais également avec quelques artistes internationaux comme Yayoi Kusama, Antonio Berni ou Ana Mendieta.

Michelangelo, les dessin fleuves
Si l’on remonte de quelques rues et que l’on passe la porte du bâtiment originel du Metropolitan trois autres grandes expositions temporaires sont à voir. D’abord Michelangelo, qui réunit pas moins de 133 dessins de l’artiste, génialement scénographiés et mis e perspective pour mettre en lumière ses différents projets d’architecture, de sculptures et de peintures. Ses maîtres, ses proches et ses disciples sont aussi présents dans cette exposition fleuve et immanquable, qui culmine avec une reproduction de la chapelle Sixtine sous le toit de laquelle les dessins préparatoires sont exposés. Et l’œil fait le lien à la verticale. Phare et génialement scénographiée, l’exposition est pleine à craquer mais pas de file d’attente!

Hockney comme au Centre Pompidou
Après le Centre Pompidou et la Tate, la rétrospective David Hockney, plus piscine que fleuve, arrive au Met. Dans des salles spacieuses et fermées au deuxième étage, elle reprend le fil chronologique et systématique de ce qu’on a pu voir à Paris. Avec peut-être, dû au lieu plus qu’au propos, l’accent mis sur une certaine gravité, là où l’on découvrait- au-delà de la peinture réaliste- le côté expérimentateur de l’artiste dans les panoramas plus aérés de Beaubourg. Toujours un plaisir de voir et revoir Hockney.

Images de la « Der des Der »
En slalomant entre Hockney et Michalangelo, l’on tombe sur l’immense série de Otto Dix Der Krieg. Rien qu’en puisant dans ses collections le Met a mis sur pied une exposition sur la Première Guerre et les Arts visuels où l’on retrouve aussi des dessins de George Grosz, Max Beckmann, Käthe Kollwitz, Fernand Léger et Edward Steichen. Au milieu d’affiche de propagandes et de casques et masques à gaz, la figuration et la mémoire immédiate des tranchées se donne à voir, ainsi que son impact sur l’expressionnisme et le futurisme.

Et aussi…
Alors qu’on trouve aussi un dessin de Rodin pour des souscriptions pour l’hôpital américain dans l’exposition sur la Première Guerre mondiale, le sculpteur est à l’honneur pour une septième expo au Met, et il y en a même une huitième avec les dessins de la collection Lehman de Leonardo à Matisse.

Bref, si vous passez par New-York, cet hiver, vous savez où aller d’autant plus que l’entrée aux bâtiments du Met est libre avec un suggestion de donner environ 25 dollars au Musée…

visuels : affiches et collage

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Ouverture de la saison 3 du Centre de musique de chambre de Paris
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : yael@toutelaculture.com

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