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Marie Descourtieux : « Notre but est de donner à voir la culture liée au monde arabe »

Marie Descourtieux : « Notre but est de donner à voir la culture liée au monde arabe »

28 février 2020 | PAR Donia Ismail

Ce vendredi 28 février s’ouvre le festival Arabofolies, dix jours de shoot culturel à l’Institut du monde arabe. Entre concerts, séances de cinéma et forums citoyens, Marie Descourtieux, directrice de l’action culturelle de l’IMA, décortique cette quatrième édition, qui se clôtura le 8 mars avec le concert de Raja Meziane.

Donia ISMAIL : La quatrième édition du festival de l’Institut du monde arabe, Arabofolies, débute ce vendredi 28 février. Le thème est Engagements ! , avec un et un point d’exclamation. Pourquoi?

Marie Descourtieux : Depuis la création du festival, nous avons toujours choisi des notions, des valeurs, qui rassemblent les artistes. Tous, à leur façon et dans leurs domaines, ont le sens de l’engagement : que ça soit Raja Meziane ou Camélia Jordana. Quant au point d’exclamation, que dire… Nous les aimons particulièrement à l’Institut du monde arabe ! Il y a ce côté d’injonction au rassemblement, comme si l’on s’adressait directement au public !

DI : Cette édition coïncide avec le premier anniversaire du mouvement contestataire algérien, le hirak…

MD : Évidemment ! C’est un clin d’oeil à cette révolution du sourire. C’est aussi une invitation à s’engager auprès d’eux.

DI : D’ailleurs, comment avez-vous composé cette édition ?

MD : C’est forcément subjectif. Il a plusieurs artistes de talent qui n’étaient pas libres. Ils le seront peut-être pour les prochaines éditions !
C’est avant tout un choix, souvent la mort dans l’âme. C’est un puzzle : parfois les pièces collent, parfois non. Il nous arrive de tomber sur un artiste formidable mais qui n’irait pas avec le reste. Une bonne composition est un ensemble, qui tient sans appuies.

DI : D’où est venu cette idée de festival polymorphe ?

MD : Dans le service que je rédige, les actions culturelles, nous programmons toute l’année tout ce qui ne relève pas des expositions : le cinéma, les concerts de musique, les forums… On s’est dit qu’il nous fallait rassembler tous ces éléments en un festival trimestriel, des arts et des idées, sur dix jours. Au programme, sept concerts, une séance de cinéma, un forum dans lequel la société civile prend la parole, et elle la prend magnifiquement bien… C’est un festival qui rassemble un public diversifié : les amateurs d’arts visuels, de longs-métrages, de musique… Le spectateur vient pour un événement en particulier et en découvre une dizaine. C’est un marathon ce festival !

DI : Il y a surtout, cette envie de représenter un monde arabe, à des années-lumières des stéréotypes qu’on lui impute parfois…

MD : C’est la mission principale de l’Institut du monde arabe : ne pas s’arrêter aux clichés et donner une autre représentation, plus juste, de cet ensemble. Mais aussi de croiser, de métisser, de donner à refléter la culture de notre temps venant du monde arabe au sens large. Nous ne sommes pas là pour créer des frontières, mais pour les exploser, les traverser. Notre but est de donner à voir, à entendre la culture liée au monde arabe, pour qu’elle soit la plus représentative possible.

                                                                                                 Camélia Jordana sera en concert le samedi 29 février, à l’IMA. ©Vincent Desailly

DI : Parler du monde arabe, avec des personnes issues de ces pays…

MD : C’est un point important. Nous faisons venir des femmes des hommes issus de la société civile arabe. Cette jeunesse qui fait bouger les lignes dans leurs pays. En ce moment, ils sont créateurs, porteurs et innovants. Ils sont les moteurs d’initiatives incroyables, qu’il faut partager à notre public français. Le monde arabe est un vivier d’innovations, il est important de les partager, parce qu’après tout, nous pouvons aussi apprendre de leurs éclats de génies. 

DI : Le 8 mars, vous recevez sur votre scène le phénomène algérien Raja Meziane. Beau coup, non ?

MD : Nous sommes très fière de la recevoir. Elle est l’une des voix de cette jeunesse algérienne. Elle a créé cet hymne, Allô le système, qui a été repris par l’ensemble du hirak. Comme Camélia Jordana et Neysatu, elle a porté sa voix pour dénoncer l’injustice, le racisme et les dictatures. Que ce soit en français, en anglais ou en arabe, elles sont là pour nous partager leurs mots et leur créativité. Elles ont cette voix commune, de femmes engagées, de citoyennes. Et elles sont talentueuses !

Visuel :©Vincent Desailly

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