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Les riches dialogues entre passé et présent au musée de la Grande Guerre à Meaux

Les riches dialogues entre passé et présent au musée de la Grande Guerre à Meaux

06 mars 2020 | PAR Emilie Zana

Durant le Salon BD « guerre industrielle et mécanique » au sein du musée de la Grande Guerre à Meaux le dimanche 1er mars, plusieurs auteurs du monde de la bande-dessinée étaient au rendez-vous pour faire découvrir leurs visions des guerres, comme David Vandermeulen avec sa série Fritz Haber ou encore Pat Mills avec La grande guerre de Charlie. Des regards croisés venant enrichir l’Histoire racontée par le musée de la Grande Guerre.

En septembre 1914, au tout début de la première guerre mondiale, Meaux fut le théâtre des combats de la première bataille de la Marne. Les allemands ont traversé la Belgique et poursuivent les français et les britanniques, obligés de reculer. Ils sont à seulement 40 kilomètres de Paris. 

Aujourd’hui, on en retrouve les traces grâce au musée de la Grande Guerre à Meaux, au côté du Monument Américain. Cet écrin massif de métal imaginé par Christophe Lab abrite la collection d’un seul homme, passionné par la première guerre mondiale, l’historien Jean-Pierre Verney. En 2004, une rencontre avec le maire de Meaux Jean-François Copé signe le début d’une longue collaboration.  Le Pays de Meaux achète l’année suivante sa collection (plus de 50 000 pièces !) dans l’idée de créer un musée, qui ouvrira ses portes en 2011. (Retrouvez ici notre interview d’Elena Le Gall, aujourd’hui directrice du musée de la Grande Guerre.)

Depuis, une immense collection enrichie par des dons et des acquisitions est accessible aux visiteurs. Uniformes, armement, artillerie, objets du quotidien… Les nombreux objets et innovations accompagnent le visiteur dans son voyage dans le temps. Le discours est loin d’être patriotique ou nationaliste ; le musée va en effet à contre-courant des « vérités » racontées après guerre et invite le visiteur à la réflexion en faisant miroiter les nombreuses facettes de la Grande Guerre. En parallèle du parcours principal qui se veut chronologique, des pièces thématiques approfondissent des questions comme la place de la femme durant la guerre, ou encore les objets du quotidien utilisés par les soldats. Une habile scénographie facilite la compréhension des petits et grands grâce à des reconstitutions de troupes de soldats, de tranchées françaises et allemandes ou encore de colis envoyés par les familles au front. Théâtre de la guerre, le musée redonne la vie aux différents acteurs de l’époque sans oublier de faire écho aux conflits actuels.

La programmation d’évènements faisant dialoguer passé et présent comme le Salon BD de dimanche dernier apporte une touche dynamique au musée, qui organise également des expositions temporaires. Durant ce Salon et en parallèle des dédicaces, des petites visites guidées par un médiateur et un auteur étaient organisées afin de parler de l’impact des innovations durant les guerres industrielles et mécaniques. Et notamment via l’angle des avancées scientifiques comme en témoigne l’auteur belge francophone David Vandermeulen qui depuis 20 ans s’intéresse à Fritz Haber, Juif Allemand et chimiste de génie qui reçut le Prix Nobel de Chimie en 1920 au titre de 1918 pour ses travaux sur la synthèse de l’ammoniac. Si ses travaux ont permis des avancées en termes d’engrais agricoles, Fritz Haber est surtout le père de l’arme chimique qui a fait sombrer la première guerre mondiale dans une horreur absolue et industrialisée. L’auteur David Vandermeulen utilise une technique de dessin particulière et complexe avec de l’eau de Javel, « qui ronge la couleur », en écho à la chimie de Fritz Haber qui rongeait des vies.

 Le musée de la Grande Guerre propose une Histoire sans cesse enrichie, et voici quelques évènements à venir provenant de l’agenda culturel du musée :
– Les 4 et 5 avril : grand week-end dédié à la reconstitution historique fêtant le 10e anniversaire de la pose de la première pierre du musée
– du 8 mai au 17 août : installation de l’association Remem’beur « Hommage aux soldats coloniaux »

Horaires / Accès :
Musée de la Grande Guerre, rue Lazare Ponticelli – 77100 Meaux
Accessible en transports depuis Paris Gare de l’Est avec le Transilien ligne P jusqu’à Meaux (gratuit avec la Navigo), puis en bus.
Ouvert tous les jours de 9h30 à 18h sauf le mardi. Fermeture du 18 au 31 aout 2020.

Tarifs :
Gratuit le 1er dimanche du mois.
Plein tarif : 10€, tarifs réduits et gratuité pour les moins de 8 ans.

 

Visuels : affiche et ©E.Z.

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