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L’art du contour au Louvre, et le scribe devint artiste

L’art du contour au Louvre, et le scribe devint artiste

17 avril 2013 | PAR Amelie Blaustein Niddam

 

Pour la première fois, le Louvre présente une exposition sur le thème du dessin au temps des Pharaons. Nous voici plongés dans le monde des scribes des contours ou scribes des formes.

L’exposition se fait thématique et nous offre en 200 oeuvres un portrait d’une civilisation qui mettait ses dessinateurs à l’honneur. L’art du contour vient revendiquer le statut d’artiste du scribe. Il y a d’abord les matériaux comme une palette datant de la XIXe dynastie (1279-1213 avant JC) qui témoignent de l’acte de création.

Car, pour un peuple dont l’écriture est dessin, comment différencier l’écrivain du peintre ? Et bien par la composition des oeuvres même. Il y a des codes. Le corps humain est représenté entre la 5e et la 26e dynastie sur une grille de 18 carreaux. Une stèle inachevée du sculpteur Ousidour permet d’entrer au cœur de la création : des hiéroglyphes surplombent une scène d’offrande, les lignes sont tracées. (12e dynastie ). Là où l’exposition surprend, au delà de la richesse du contenu, c’est dans ses traits d’humour.

En effet, on voit jaillir de ces oeuvres un air de douce rébellion fort agréable. Certains font des entorses  en montrant des proportions disgracieuses, par exemple un silex aux reliefs soulignés : une pierre prend la forme d’une femme enceinte. Ailleurs, un homme obèse vient casser tous les codes de beauté, et encore plus loin des scènes pornographiques viennent rappeler que ce mode de création n’était pas uniquement destiné à orner les tombes.

Ainsi, la pierre, le papyrus sont les supports de scènes de vie, comme cette  lutte avec des bâtons (19 ème dynastie- 1295- 1069), ou des satires politiques. On apprend ainsi que l’art de la caricature n’a pas attendu la naissance de la presse. On a des fables satiriques sur des Ostracon où les animaux prennent la place des hommes, une souris prend la place d’Amenhotep 1er

La démonstration n’est plus à faire, Guillemette Andreu-Lanoë a réussi son pari : « Notre propos, cette seconde décennie du XXIe siècle, est de donner à voir et à expliquer comment les grilles de lecture des historiens de l’art occidental peuvent contribuer à analyser le dessin égyptien  à lui rendre sa place, que nous estimons majeure, dans l’histoire de l’art universelle (… ) »

Informations pratiques : Tous les jours de 9 h à 17h45 sauf mardi, nocturnes mercredi et vendredi jusqu’à 21h45.

Infos pratiques

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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