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Fresnoy : 19 nuances de Panorama

Fresnoy : 19 nuances de Panorama

25 septembre 2017 | PAR Terence Gerber

Pour les 20 ans de l’école des arts contemporains du Fresnoy, 19 étudiants ont présenté leur œuvre, donnant naissance à l’exposition Panorama 19. L’exposition est à la hauteur du talent des artistes : surprenante, bluffante, diversifiée et accessible. Aussi diverses soient-elles, ces œuvres sont d’une rare inventivité. Pas une ne se ressemble ou ne se compare, mais toutes sont animées de ce même désir qu’est l’Art.

C’est un véritable voyage interne dans la créativité des artistes que l’exposition nous invite à prendre part. Dirigée par le commissaire, et patron du Palais de Tokyo, Jean De Loisy et mise en scène par le scénographe Christophe Boulanger, Panorama 19 nous ouvre la boîte de Pandore des arts contemporains. Cette année, pas de thème, les artistes ont eu carte blanche à leur imagination. Lors d’une introduction, le commissaire de l’exposition avait prévenu, « les artistes ont œuvré à la recherche intérieure, avant d’ajouter, quel niveau ! ».

Réputé pour l’excellence de ses occupants, le Studio national des arts contemporains de Tourcoing ne nous a pas déçu. La recherche poussée ainsi que l’inventivité des œuvres présentées à de quoi faire perdre la tête. La comparaison y est impossible : ces dernières sont toutes le fruit d’un travail abouti. L’émotion et la créativité sont au rendez-vous à chaque nouvelle expérience.

Prenez, par exemple, l’installation Corsmorama de Hugo Deverchère. Filmée aux Îles Canaries, dans un paysage volcanique, Cosmorama interroge nos perceptions, notre relation avec la réalité en introduisant l’inconnu dans notre façon de voir les choses. L’exposition est composée d’un film et d’une série de cyanotypes. Les moyens utilisés pour le film sont empruntés d’un procédé d’imagerie infrarouge avec lequel les astronomes observent habituellement des objets du cosmos, tels que les planètes et les trous noirs. Le rendu en est magique, car le sujet se voit désorienté par cette vision du monde, qui est réservée normalement au néant de l’espace.

Une autre œuvre, très différente, mais tout aussi passionnante, est l’installation La timidité des arbres d’Alexandre Guerre. Allongés, il nous suffit de regarder dans l’écran situé au-dessus pour être transporté tout droit dans la jungle en Malaisie. L’œuvre tire son nom du phénomène éponyme botanique rare, qui explique que les végétaux font partie de la catégorie des êtres vivants et, en raison de cela, ceux-ci ont besoin d’espace vital. Ici, les arbres, comme les humains, ont besoin d’un espace à soi, physique. Ce comportement peut traduire l’existence d’une certaine sociabilité entre les végétaux.

Les 17 autres installations de Panorama 19 exploitent le même filon : celui d’entretenir une originalité extrême, contrastant avec une simplicité chirurgicale. « Original mais simple », cet oxymore aurait pu être l’intitulé de l’exposition, tellement les œuvres sont d’une précision remarquable. Mais attendez-vous à ne pas être dans le flou, cette fois-ci. Les artistes ont su lier leur message d’un médium adapté, rendant accessible leur interprétation.

L’exposition du Fresnoy est donc à ne certainement pas manquer. Destinée aussi bien aux néophytes qu’aux plus avertis du domaine de l’art contemporain, Panorama 19 est une expérience sensorielle et émotionnelle tout public.

Panorama 19, Le FresnoyStudio national des arts contemporains, du 23 septembre au 31 décembre 2017, Tourcoing.

Visuels : Photos officielles / (c) TG

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