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L’exposition mystérieuse des « Forêts Natales » au musée du quai Branly

L’exposition mystérieuse des « Forêts Natales » au musée du quai Branly

09 octobre 2017 | PAR Victoire Chabert

Rassemblant 325 masques et statues du sud du Cameroun au nord du Congo, l’exposition « Les forêts natales » du musée du quai Branly-Jacques Chirac  pose un regard inédit sur les styles d’une région exceptionnelle, l’Afrique équatoriale atlantique.

Les « Forêts natales » rassemble une collection  inédite de masques et de figures reliquaires venus d’une des régions les plus créatives d’Afrique : l’Afrique équatoriale atlantique. Cette zone géographique embrasse le Gabon, la Guinée équatoriale, le sud du Cameroun et l’ouest de la République du Congo et donne aux arts africains quelques-uns de ses plus grands chefs d’œuvres. Nés de la virtuosité plastique des artistes Fang, Kota, Tsogo ou Punu, les voir rassemblés dans la galerie Jardin du musée du quai Branly « dessine une passionnante histoire de l’art et relève de l’exceptionnel », nous confie Yves Le Fur, commissaire de l’exposition.

dly7_j4w4aatsop Les pièces exposées sont des statuettes ou des têtes seules, majoritairement reliées au culte des ancêtres, représentant les gardiens des reliquaires. La scénographie minimaliste expose très sobrement les oeuvres, tout en mystère, sans beaucoup d’explications, dans un parcours qui tente de reprendre le cours du fleuve Ogooué. Ces statuettes, têtes seules ou figurent surmontées de paniers sont des représentations plastiques qui honorent les ancêtres disparus en protégeant leurs crânes, ossements ou autres fétiches. Les artistes Fang, Kota ou Tsogo, ont puisé dans les traditions religieuses pour produire ces sculptures prodigieuses. Ces effigies en bois sont parfois serties de cuivre, de laiton ou de verre. Elles représentent des hommes et des femmes, qui portent des colliers, des bracelets et dont le raffinement des coiffures est surprenant. Ce qui interpelle, que l’oeil soit avertie ou non, c’est le travail très précis du bois, tout en délicatesse et finesse. Chaque pièce a son style, sa personnalité, certaine sont très détaillées et plus réalistes que d’autres. Il faut prendre le temps d’observer en détails chaque reliquaire car ceux sont des objets complexes faits de nombreux matériaux qui cachent des secrets insoupçonnés.

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Quant aux masques, ils donnent l’impression d’apparitions fantomatiques, mystérieuses et inquiétantes. Ils déclinent de nombreux aspects des « entités spirituelles qui interviennent dans le fonctionnement des sociétés, rite initiatiques, cérémonies, ou justice » nous explique Yves Le Fur. Ils représentent une institution politique différente du rapport aux ancêtres, dans le but de faire respecter un ordre, une justice ou une morale. Ils sont portés lors de cérémonies par des individus de choix qui cherchent à s’attirer les bonnes faveurs des esprits ou au contraire, à repousser les plus malicieux. Évocation de la nature, partage de valeurs, cohésion sociale, les masques ont un rôle primordial dans les sociétés Fang, Kwele et Punu. Le masque, qui est la création inerte du sculpteur, prend vie lors d’une danse rythmée par de la musique et des chants. Unissant tout un village, les masques jouaient un rôle important en évoquant les esprits de la nature, en enflammant l’imagination et en produisant un sentiment de cohésion sociale, tout en le stimulant.

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Les « Forêts natales », repose sur un parti pris radical : ne montrer que des statues et des masques, à l’exclusion de tout autre objet (tabouret, appuie-tête,…) L‘exposition tend alors à donner l’impression d’une succession incroyable et il faut le dire, un peu sans fin, de statuettes reliquaires. Pourtant elle présente un haut niveau de la création de l’humanité dans le domaine de la sculpture et se veut passionnante leçon d’histoire. C’est de très loin la plus grosse exposition qui ait jamais été consacrée à l’art de cette région d’Afrique équatoriale atlantique, il faut s’y laisser guider par les formes, les matières, pour pénétrer au coeur du monde des esprits des ces « Forêts Natales ».

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Visuels : Victoire Chabert et Musée du quai Branly

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Victoire Chabert

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