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Exposition Babi Badalov à la Verrière Bruxelles

Exposition Babi Badalov à la Verrière Bruxelles

02 décembre 2019 | PAR Caroline Arnaud

Babi Badalov est un artiste que nous connaissons déjà qui avait exposé au Centre Pompidou et au Palais de Tokyo mais aussi pour le festival “Vision d’Exil” en 2017. Nous le retrouvons ici pour la troisième exposition du cycle conçu par le commissaire d’exposition Guillaume Désanges “Matters of concerns”/”Matières à panser” du 29 novembre au 15 février 2020. 

La Fondation d’Entreprise Hermès commence un nouveau cycle d’exposition après celui de “poésie basilique” de 2016-2019. Cette exposition « Soul Mobilisation » s’inscrit dans le cycle « Matters of concerns » qui a débuté sur la question de l’écologie, qui est Le sujet tendance, mais le terme “écologie” n’essaie pas ici de nous présenter un comportement à avoir avec notre environnement, il n’est pas non plus question de faire de l’arte povera. Il est question des relations que l’artiste entretient avec son environnement, les différents pays dans lesquels il a vécu et les relations qu’il a eu avec les différentes populations. C’est donc une exposition qui se fonde sur la présentation d’un personnage particulier celui de Babi Badalov que nous avons eu le plaisir de rencontrer lors de cette visite d’exposition.

L’artiste pour cette exposition a voulu “parler de lui”, mais le résultat n’est pas non plus narcissique. On retrouve les différentes pratiques de l’artiste azéri. La pratique du collage, du travail sur tissus, mais aussi du langage et de la calligraphie. Nous sommes confronté dès notre entrée dans l’exposition à un espace complètement ouvert qui réunit sur chacun des murs et sur le sol la vie de l’artiste. Ses inspirations, un collage monumental qui ressemble à une cartographie des voyages et du quotidien de l’artiste, et aussi des tissus sur lesquels l’artiste a peint des mots, des mots qui se transforment selon la langue, selon le sens que Babi Badalov veut leurs donner.
La culture Punk de l’artiste qu’il a acquise au cours des années 80 en Russie mais aussi par le rejet culturel qu’il a subit dans son pays natal le pousse à s’exprimer de la façon qu’il veut, un vrai punk de l’art contemporain qui ne veut pas être classé, il est en fait inclassable même s’il fait des références à Malevitch, ou au Pop Art et à l’affiche publicitaire ou à l’ornementation des pays Arabes. Sa vie et son art ne sont que des mélanges, des mélanges de cultures qu’il nous donne à voir exposé ici. 

On se rappellera de cette exposition pour ce très organique collage vivant qui s’étend comme sa vie en collage de toutes les cultures qu’il a rencontrés. On retrouve des formes changeantes et qui se transforment, pour faire un collage comme un chaos ordonné ou « collage agenda » comme il le dit lui même. Après une vie qui sort de sentiers battus, l’artiste qui fut clandestin à Londres et en France avant l’obtention de sa carte de séjour, tente de vivre le quotidien avec l’art, il récupère des tissus, il les travaille, travaille leurs couleurs et les mots qu’il peint par dessus, il joue ainsi sur la calligraphie et prend aussi des photographies de son quotidien, fait des dessins sur des fiches d’impositions… il transforme le commun en art.

 

Exposition du 29 novembre au 15 février 2020 
La Verrière, Bruxelles
Pour plus d’informations ici 

Visuel: ©Isabelle Arthuis 

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