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DDESSINPARIS entre dans le mouvement

DDESSINPARIS entre dans le mouvement

20 mai 2022 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Avec Drawing Now, DDessin est le temps fort de la modernité qui se tient en marge du Salon du dessin dans le bel espace du Molière du 20 au 22 mai.

Dix ans d’art contemporain

Voici dix ans que DDessin cherche à faire déborder le trait. Cette année le salon accueille neuf galeries françaises et une galerie de Dalian (Chine) et dont les artistes sélectionnés vivent en France. Le salon a beau être à taille humaine, il a tout des grands puisqu’il possède un prix, le Prix DDESSIN en partenariat avec l’Institut français de Saint-Louis du Sénégal et des à-côtés : une black box super numérique et presque une rétrospective très émouvante de Jean-Loup Lafont, l’homme de radio qui dessinait beaucoup !

Le son et la rue

Une fois ce cadre posé, sortons-en puisque c’est cela que fait le salon dirigé par Eve de Medeiros. Les deux niveaux de l’hôtel particulier se parcourent et agissent comme un labyrinthe. On s’y perd délicieusement alors que c’est tout petit ! On ne sait plus par où nous sommes passés. Là, en bas, les découpages colorés aux allures enfantines de Jean-Loup Lafont mort en 2015 raisonnent avec le souvenir de sa voix espiègle. En face un collage, et déjà, là, ça commence, et l’on est ravi de voir la rue prendre les murs du lieu. Swoon, street-artiste américaine, est venue coller une allégorie du monde ouvrier qui éclaire la mine !

Éloge de l’outil

Les coups de cœur sont nombreux et nous sommes saisis par les obsessions portées aux outils. Les petits cadres délicieux de Linda Roux, super politiques et très élégants. En noir et blanc on voit des manifestations et des collages féministes posés là, comme des aquarelles de maison de famille. Elle nous dit « je travaille au bic, mais au bic orange, la pointe est plus ronde ». Pas loin, Murielle Maudet s’amuse à dessiner des scènes de la mythologie au stabilo vert fluo. 

Bougez maintenant !

Que ce soit dans le fond ou dans la forme, il est très séduisant de voir les dessins sortir de leurs cadres. Par exemple, citons Ursula Caruel dont les dessins se tissent les uns avec les autres ou Ugo Arsac qui avec un casque de réalité virtuelle nous entraîne dans les sous-sols parisiens. Plus classiques dans la forme mais pas dans le fond, les œuvres Sandra Ghosn remplissent l’espace. Les fantômes et les histoires semblent dialoguer. Chez Manon Pellan, les amants ont quitté le lit mais leurs corps ont laissé leurs empreintes. Catherine Burki, « coup de cœur DDessin » mêle écriture, sculpture et dessin dans une oeuvre aux allures de parchemin contemporain. Anaïs Prouzet nous demande de nous approcher pour voir que même de très près, le flou… reste flou !

Informations pratiques

Du 20 au 22 mai, Le Molière, 40 rue Richelieu, Paris 75001. Informations et réservations ici.

 

Visuels : 

Manon Pellan, Etreintes 4, crayon graphite sur papier, 112 x 76 cm. Courtesy de l’artiste et de l’Espace Art Absolument

Sandra Ghosn, Sans Titre, encre de Chine sur papier, 40 x 40 cm (sans cadre), 2021. Courtesy de l’artiste et de l’Espace Art Absolument. 

Tudi Deligne, Dispute avec Pierre Paul Rubens, chasse au loup et au renard, fusain sur papier. 115 x 175 cm, 2022. Courtesy : Galerie Mariska Hammoudi et Tudi Deligne

Degann, Hotelroom 111, encre de chine sur papier, 95 x 130 cm,  2022. Courtesy Espace Art Absolument

Ugo Arsac, In Urbe, Réalité virtuelle 360°, 2020. Courtesy : Galerie Robet Dantec et Ugo Arsac

Ursula Caruel, Hortus 11, repiquage de dessins, encre, dorure, passe-partout et fil sur papier, encadrement chêne FSC, 30 x 30 cm + fil,  2021. Courtesy Artiste et Dupré & Dupré Gallery.

Anaïs Prouzet, On n’y voit rien. Plus rien du tout V, fusain sur papier, 118 x 77 cm, 2021. Courtesy : Galerie Robet Dantec et Anais Prouzet

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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