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Danh Vo au CAPC de Bordeaux, une exposition qui ne laisse pas de marbre

Danh Vo au CAPC de Bordeaux, une exposition qui ne laisse pas de marbre

23 mai 2018 | PAR Laetitia Larralde

Du 19 mai au 28 octobre, le CAPC de Bordeaux invite l’artiste Danh Vo à présenter son travail dans la nef du musée.

Dans la nef du CAPC, espace architectural grandiose aux proportions de cathédrale, Danh Vo a installé son travail, présenté en quatre temps, spécialement pensé pour cet espace, dans la continuité des projets in situ commandés depuis 2015 à Leonor Antunes, Rosa Barba ou Naufus Ramirez-Figueroa.

Sur les quatre temps de l’installation, le plus remarquable est celui composé d’énormes blocs de marbre extraits dans les années 1930 et laissés à l’abandon. Certains sont empilés, d’autres deviennent le support de photographies de mains de sculptures de Michel-Ange. Le lien entre les mains sculptées et le marbre extrait avant l’apparition des techniques modernes, à la main, se fait. Au premier regard, ces tonnes de pierre regroupées dans un coin paraissent un peu inertes. Quand soudain on découvre ici des coquilles d’escargots accrochées à une face d’un bloc, et là des feuilles de lierres stoppées dans leur progression.

Blocs de marbre issus de la collection personnelle de l’artiste

L’image de ces pierres, abandonnées dans la nature qui commence à se les réapproprier, les réabsorber en son sein, se dessine dans un coin de l’esprit. Et de là vient le constat de l’immuabilité de ces blocs, extraits il y a presque cent ans dans un contexte totalement différent de celui d’aujourd’hui, et qui, où qu’ils soient, restent là à souligner le côté éphémère de nos existences comparé au niveau géologique de la Terre.

Ces blocs de marbre sont issus de la collection personnelle de Danh Vo, ainsi que l’autel portugais du XVIIe siècle, le buste romain antique découpé ou les photos prises par un ancien soldat américain. Dans la lignée du ready made, l’artiste assemble ces objets, les présente au public comme une exposition de ses souvenirs personnels à l’intérieur de son exposition monographique. Car une collection, même si ses composants n’ont pas été réalisés par le collectionneur, parle de son propriétaire. On y décèle ses goûts, ses centres d’intérêt, et chaque objet est associé à une histoire personnelle pour le collectionneur qui vient s’ajouter à l’histoire propre de l’objet.

Danh Vo propose une visite de son histoire personnelle au travers de l’histoire de sa collection, avec laquelle chaque visiteur repartira, en y ajoutant son expérience propre.

Danh Vo
Du 19/05/2018 au 28/10/2018
CAPC Musée d’art contemporain de Bordeaux

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Laetitia Larralde
Architecte d'intérieur de formation, auteure de bande dessinée (Tambour battant, le Cri du Magouillat...)et fan absolue du Japon. Certains disent qu'un jour, je resterai là-bas... J'écris sur la bande dessinée, les expositions, et tout ce qui a trait au Japon. www.instagram.com/laetitiaillustration/

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