Arts
Explosion d’artistes au domaine Pommery

Explosion d’artistes au domaine Pommery

10 octobre 2012 | PAR Bérénice Clerc

Nathalie et Paul-François Vranken aiment l’art et les artistes. A la tête du domaine Pommery ils mettent à disposition leur lieu magnifique et permettent aux artistes de travailler depuis 10 ans grâce à leur Expérience Pommery.

Pour fêter ces 10 ans de prise de risque et d’engagement ils invitent  Bernard Blistène à tisser un lien entre des œuvres, des expériences passées et des commandes spécialement réalisées pour les 10 ans.

 

En 2003 Paul-François et Nathalie Vranken décident d’ouvrir les superbes caves du domaine Pommery à des expositions d’art contemporain, cela n’a pas manqué de faire jaser, mais le public est au rendez-vous. Rendre l’art contemporain accessible à tous, pénétrer dans un monde souvent réputé inaccessible, descendre les escaliers de la cave comme ceux de sa mémoire, sa sensibilité et laisser vibrer les images et valser l’imaginaire, accepter le vide, le concret, le réaliste, l’abstrait, le visuel ou le sonore.

L’art fait réagir, interroge, ne donne pas de réponse, fait se rencontrer les peuples et les créateurs du monde entier.

Nathalie Vranken, initiatrice du projet, invite Bernard Blistène, directeur du département du développement culturel du Centre Pompidou à Paris à imaginer deux expositions. Pour la première fois, l’immense et fantastique Villa Demoiselle ouvre ses portes. Malgré la restauration rien n’a bougé, les dorures, les meubles d’époque, la décoration romantique presque cocotte, un vrai lieu exotique pour artistes contemporains avides de subversion. Au fil du parcours, les visiteurs découvrent La maison de Mademoiselle Pommery, l’histoire du domaine, l’architecture et se confrontent à des œuvres contemporaines à découvrir. De la baignoire en passant par le salon, la chambre et chacune des pièces où vivent des œuvres de Fabrice Hyber, Bertrand Lavier, Daniel Firman, Philippe Ramette, Stephen Wilks, Enrique Marty…

Les œuvres n’entrent pas en compétition mais en résonnance avec l’architecture préexistante, le pari de Bernard Blistène assisté par Jean-Marie Gallais est réussi. Amoureux du passé, fou d’art contemporain, tous trouveront leur compte. La deuxième exposition a pour lieu les caves labyrinthiques et impressionnantes. En chemin, dehors, des oiseaux invisibles se font entendre et un arbre à palabre comme ceux d’Afrique colore le ciel de bassines, symbolisant l’extrême modernisation de celle-ci. Seul ou à plusieurs, son créateur Pascale Marthine Tayou, actuellement à la Villette pour une exposition, espère voir les riverains et les touristes palabrer.

Dès l’entrée, au sommet de la cave, l’œil est attiré par l’éléphant immense de Daniel Firman, suspendu sur sa trompe comme si la gravitation était faible. A quelques pas, Refuge de Stéphane Thidet suspend le temps. Une maison telle une petite cabane vide en bois, à l’intérieur, la pluie à grosses gouttes. Vue, odorat, son, tout y est pour commencer un voyage. Un immense escalier bordé de lumière, 116 marches pour descendre dans les profondeurs où la bulle de champagne s’affine, où l’art s’exprime. Des crayères somptueuses, une odeur particulière, un monde parallèle où le temps n’existe plus, où pas à pas les œuvres apparaissent. L’espace est une œuvre et les artistes réussissent la dure mission d’entrer en résonnance avec lui. Obsession de l’absence, vision sonore, Dominique Petitgand expérimente le rebond du ballon avec réverbération des murs de la cave. La matière sonore se palpe et existe plastiquement dans l’esprit de chaque visiteur de façon percutante.

Plusieurs bottes au sol s’animent, battent la mesure, réminiscence d’un sombre passé, envie de révolution, chacun y verra un signe. Fabrice Hyber livre un immense personnage de verre « Pantom Pommery ». Des images, des mots sont projetés telles des lumières divines.

Le Palanquin d’Huang Yong Ping est violent et poétique, fragile et dur, un appel au voyage et à la réflexion sur la tradition et le passé.

Bertrand Gadenne propose aux visiteurs de toucher le vide pour laisser apparaître des papillons insaisissables, aériens et fugitifs comme la vie.

Impossible de citer toutes les œuvres, les visiteurs Rémois comme les touristes doivent se perdre et aller à la rencontre de l’art. Une visite à faire seul , en famille, en couple…

Paul-François et Nathalie Vranken s’engagent pour les artistes, il faut soutenir cette démarche, découvrir l’art contemporain avec simplicité et passion.

 

 

 

Attention, l’abus d’art est nécessaire pour la santé mais l’abus d’alcool est très mauvais pour la santé !

Visuels (c) : Domaine Pommery.

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Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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