Arts
Un été au Palais de Tokyo

Un été au Palais de Tokyo

12 juillet 2011 | PAR Bérénice Clerc

Toujours en mouvement, le Palais de Tokyo entame en mai 2011 des travaux de rénovation et de réhabilitation de l’ensemble du bâtiment. Pendant les travaux, le site reste ouvert au public. L’espace d’exposition est réduit et les horaires d’ouverture raccourcis.
La programmation artistique se décline sur trois espaces, L’ancien auditorium, les modules Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent et le hall d’entrée du Palais de Tokyo. Tout au long de l’année, l’alcôve se transformera tour à tour en chantier, en théâtre, en laboratoire avant de devenir un white cube. De Juillet à septembre ces espaces réunissent des créateurs individuellement engagés dans une démarche intéressante ou passionnante mais l’ensemble présenté de la sorte brouille les pistes, sature l’œil et l’esprit par un agencement et une organisation sans lien et hélas peu artistique.

The tragedy of the Commons (Le tragédie des biens communs) l’emporte par sa force, son pouvoir d’attraction et sa poésie. La science se mêle à l’art, cette installation met en scène des milliers de Fourmis Atta, surnommées fourmis coupe feuilles. Une chorégraphie se met en place grâce aux odeurs, aux couleurs et aux sons judicieusement pensés par Robin Meier et Ali Momeni les deux créateurs. Dans cette pièce close le son des fourmis est amplifié pour former des nappes sonores. Dans une sorte d’automatisme mécanique et collectif, les fourmis sont guidées par la masse, la nourriture peut influencer leur comportement, elle sont filmées dans cette architecture angoissante et des écrans de contrôle donnent à voir leur vie. Les fourmis Atta seraient-elles à l’image de la société humaine ?

Olaf Breuning a lui investit le hall d’entrée du palais de Tokyo, d’immense photo tournent et regardent les spectateurs. Une esthétique unique, étrange et humoristique attire l’œil, maquillage corporel, perruques, déguisements. The Arts Freaks offre un voyage en art contemporain, les modèles sont peint à la manière d’artistes emblématiques comme Francis Bacon, Yves Klein, Louise Bourgeois, Jackson Pollock, Vincent Van Gogh, Andy Warhol…Paradoxe de la perfection du faux, valeur marchande et excessive de certains types d’art, quelle limite esthétique engendre la reproductibilité ?
Quel rapport entretenons-nous avec les images célèbres ? Ces étendards dressés sous le plafond interrogent.

Le module de la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent offre son espace à une vidéo, « Point de Fuite » et une belle image Coqueret d’Hervé tout en luminosité et reflet d’aluminium dans un mouvement continu et une prise de l’espace poétique. La Sculpture Totem de Vincent Chevillon forme une installation finale comme une invitation au voyage artistique et historique.

Le mélange des genres est regrettable mais la création contemporaine et la jeunesse artistique doivent garder ou prendre leurs places dans ce lieu d’état.

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Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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