Arts

Dynasty au musée d’Art moderne et au Palais de Tokyo : créativité et esprit ludique

11 juin 2010 | PAR Yaël Hirsch

Pour la première fois depuis 1937, le Musée d’Art Moderne de paris et le Palais de Tokyo vernissaient de concert hier soir. L’exposition « Dynasty » présente 40 artistes, présents dans les 2 lieux et montre les visages pluriels  de la création contemporaine.

Les vernissages du Palais de Tokyo sont toujours des évènements très parisiens. Gratuits, mais sans alcool offert (sauf very VIP qui ont les pass pour le Tokyo Art Club après minuit), ils attirent une faune de bobos sympathiques (artistes, jeunes branchés, couples « in » qui viennent presque avec la poussette et le bébé). Hier soir, personne à Paris ne pouvait ignorer que le Palais de Tokyo vernissait en même temps  et en partenariat avec le Musée d’Art Moderne qui réouvrait pour l’occasion, après les vols d’oeuvres du printemps. A la rédaction, le chat facebook a clignoté toute la journée « Tu vas au Palais de Tokyo ce soir?  » et le téléphone donnait le même son de cloche. Résultat : une grande foule piétinant rue d’Iéna dès le top chrono de 20h. Mais le lieu est tellement immense que toute la joyeuse troupe de visiteurs a pu circuler avec fluidité d’un palais à l’autre pour voir la fameuse exposition « Dynasty ».

Les 40 artistes de 25 à 35 ans, qui avaient symétriquement chacun au moins une oeuvre dans chaque musée, ont été repérés par les commissaires de l’exposition, Fabrice Hergott et Marc-Olivier Wahler, dans les écoles, les Frac, les Drac et certaines galeries. Plus de mille dossiers de candidature ont été déposés pour 40 heureux sélectionnés, tous types de médias confondus.

L’artiste qu’on remarque probablement en premier est le sculpteur Vincent Ganivet. Ses « Caténaires », sorte de clefs de voute de cathédrale en parpaings allient le trivial de matériaux de chantiers de constructions avec la grâce imposante d’une envolée vers le ciel – en attendant la catastrophe. Et le jeune homme de 34 ans a pu voir une de ses oeuvres installée devant la mythique fée electricté de Raul Dufy, au Musée d’Art Moderne.

Autre grande sculpture qui frappe le visiteur : l’oeuvre de Stéphanie Chérpin qui transmue des vestiges trouvés dans les stocks de la voirie de Paris en grande installation charbonneuse et harmonieuse, présente sur les deux sites.

Plus conceptuel, Benoît Maire présente avec « La caverne » un amas de chaises, un télèscope et un miroir qui ne permettent pas de sortir de l’enfermement d’ignorance dénoncé par la parabole de Platon. « Le Nez » joue et déjoue Pinocchio, Giacometti et Jim Dine, en entourant la sculpture par de multiples références.

Côté vidéo, « Dynasty » n’est pas en reste, avec notamment l’opéra optique d’objets, d’inspiration surréaliste diaporama, de Pauline Curnier Jardin : « Le Salon d’Alone« . Bernard Dezoteaux projette au palais de Tokyo « Orena, ou l’heure du cheval ». Et Rebecca Digne montre la boucle du « Matelas ». Enfin,  au Palais de Tokyo, Robin Meier et Ali Momeni filment live les réactions de fourmis à des chants traditionnels indiens.

En dessin, on remarque les répétitions rituelles de Mélanie Delattre-Vogt, qui détourne les images et les instructions de découpes d’emballages d’une manuel de congélation des années 1970.

Plus pop et fun, côté MAM « Le Solitaire » de Théo Mercier ressemble à un gros monstre sympathique : 3 mètres de spaghettis tristes ! et côté Palais de Tokyo, les « 5 totems » de l’artiste sont tout aussi colorés et nostalgiques.

Et Raphaëlle Ricol mêle acrylique, BD et figurines en plastiques (voir ci-contre le petit dino trop mignon de ses « soleils noirs ») sous des titres poétiques.

L’impression générale qui se dégage de cette exposition dynasty est celle d’une grande fraîcheur. En ce sens, le pari est réussi pour les organisateurs de l’exposition. A cela s’ajoute l’idée que le vieux est éternellement neuf et que les « jeunes artistes » continuent à creuser un thème central des années 1970 et qu’on aurait pu croire un peu démodé après la fin des idéologies. Il s’agit du travail en général et du rapport entre industrialisation et artisanat en particulier. Et leurs créations à ce propos renouent avec celles de la génération de leur parents, en mettant en avant le jeu, la liberté et les révoltes et non plus, la résignation et la fascination pour le glauque, qui avaient marqué toute une série d’artistes depuis les années 1990. A voir, puis à maturer…

Exposition Dynasty du 11 juin au 5 septembre, Palais de Tokyo ouvert du mardi au dimanche de midi à minuit, et Musée d’Art Moderne de la ville de Paris ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h, 11 et 13 avenue de président Wilson, Paris 16e, m° Iéna, 3 à 9 euros.  Le billet vous donne aussi accès à l’exposition « La leçon d’Histoire » en Mezzanine du Palais de Tokyo.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

3 thoughts on “Dynasty au musée d’Art moderne et au Palais de Tokyo : créativité et esprit ludique”

Commentaire(s)

  • JB

    Cette exposition démontre un niveau de créativité ultra médiocre des jeunes artistes.
    Palme d’or à Bertrand Dezoteux et sa vidéo ‘l’Heure du cheval »(??) qui n’a absolument aucun sens
    Expo a deconseiller et Merci au Palais de Tokyo de rechercher de vrais talents avec l’argent du contribuable!!!

    juin 20, 2010 at 22 h 08 min
  • salut..je suis un jeune algérien est je suis un artieste peintre est l’arte c’est ma vie…est j’ai fais pleusieure expostions d’arte…est mon réves que mai tableau regarde la leumire dans la veunaire….et mérce a vous…

    septembre 27, 2010 at 20 h 27 min

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