Arts

David LaChapelle s’expose à la Monnaie

06 février 2009 | PAR Geoffroy

La Monnaie de Paris accueille pour la première fois en France, du 6 février au 31 mai 2009, une rétrospective (1996 à nos jours) de l’œuvre du très kitsch photographe américain David LaChapelle. Au travers de 200 œuvres originales ( et dont certaines n’ont jamais été exposées), David LaChapelle reste fidèle à lui-même : décalé, choquant, mais avec toujours un message à faire passer.

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Deluge, série Deluge, 2006
© David LaChapelle

Style napoléonien, emblème français, et grosses cylindrées américaines accidentées c’est le décor offert par cette exposition. Contraste total entre le sujet de l’exposition et son lieu. Sur des airs de Jeff Knoos à Versailles, David LaChapelle a investi un lieu chargé d’histoire pour son exposition moderne. Après quelques marches, on retrouve l’ambiance trash, kitsch de l’artiste. Pourquoi ? Deux œuvres se font face à face dans le hall du musée. L’une « Pieta with Courtney Love » (2006) allie le thème religieux au kitsch. L’autre « The passion of the Christ » (2008) peut déranger, une personne noire jouant le rôle du Christ. Pourquoi pas ? D’autant plus que cette œuvre réalisée en relief a beaucoup de profondeur. Fin du prologue. Le visiteur pénètre dans la première salle de l’exposition, avec un décor des plus original. En dessous du haut plafond, recouvert d’une fresque de la renaissance, s’exposent 3 œuvres de l’artiste. À droite, le Radeau de la méduse…redéfini par David LaChapelle. Luxe, débauche et sexe, mais aussi décadence et désespoir sont les symboles qui ressortent de « Decadence – The insufficiency of All Things Attainable » (2008). Cette œuvre montre la dépendance des hommes face aux biens matériels.

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When the World Is Through, série Destruction and Disaster, 2005

© David LaChapelle

La série « Crash », elle, nous donne le vertige tant elle est d’un réalisme à couper le souffle. Des carcasses de berlines puissantes, entassées les unes sur les autres viennent à notre rencontre, grâce au relief que l’artiste a donné à cette œuvre. Dans la salle attenante, le visiteur se retrouve impressionné devant « Deluge » (2006), une fresque qui couvre le mur lui faisant face. Cette série reprend des thèmes religieux mettant en scène l’homme dans son plus simple appareil. Il montre à travers cette œuvre, comme dans le remake du « Radeau de la méduse », la façon dont les hommes se raccrochent à des biens matériels au moment de la fin ainsi que la chute des valeurs universelles.

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Statue, série Deluge, 2007

© David LaChapelle

La mise en scène des œuvres, parlons-en. Chez David LaChapelle, elle tient un rôle important. « Je ne souhaite pas mettre des gens dans des postures ridicules, chaque posture a un sens précis » explique-t-il sur son travail. De même, chaque œuvre est pensée longtemps à l’avance. Il réalise un travail préparatoire de longue haleine, rien n’est choisi au hasard. D’ailleurs, des écrans situés à l’entrée de l’exposition nous renseignent sur ce travail. « Quand il faut créer tout un univers, tout est pensé et entre dans une stratégie visuelle », explique-t-il. Mais d’où vient son inspiration ? « La plupart de mes œuvres sont inspirées de mes angoisses par rapport au monde qui m’entoure », raconte-t-il.

pamela-anderson-david-lachapellePamela Anderson – Voluptuous Attentions, série Star System, 2001

© David LaChapelle

Plus tard, dans l’exposition, le visiteur sera surpris de voir, dans la série créée en 2003 par David LaChapelle, un Christ plus « humain » que jamais. Jésus, l’icône religieuse, se retrouve dans des lieux contradictoires à la religion : bar, prostituée, night-club ou encore soirée de poker entre bad boy. Le mariage fonctionne, rendant ce symbole plus proche du visiteur. Autre salle, cette fois-ci le décor flashe : rouge magenta fluo. Le photographe américain reste dans ses classiques avec « Holy War », contraste entre la guerre et la religion.

Au gré des salles, le visiteur trouvera un espace de sérénité avec la série « Awakened ». Au travers de 8 œuvres, loin de ces codes trash habituels, David LaChapelle arrête le temps, l’espace d’une photographie. 8 personnes, entre ciel et terre, sont suspendues dans l’eau. Tels des anges, ils semblent flotter…

On retrouve dans cette exposition, bien sûr, les multiples clichés de stars du photographe. Angelina Jolie, Naomi Campbell et bien d’autres encore.

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Paris Hilton – Hi Bitch Bye Bitch, série Excess, 2004

© David LaChapelle

Quelques mots sur cet artiste hors normes…

Débutant sa carrière à l’âge de 19 ans, David LaChapelle, originaire du Connecticut, est aujourd’hui l’un des plus grands photographes de mode de ces dernières années. Il a photographié les plus grandes stars de notre époque (dont Marilyn Manson, Hillary Clinton, Leonardo DiCaprio, Naomi Campbell, David Bowie, Smashing Pumpkins, Red Hot Chili Peppers, Tupac Shakur, Elton John, Jeff Koons, Paris Hilton), a réalisé les unes des plus grands magazines d’aujourd’hui (Vanity Fair…), a tourné des clips (Christina Aguilera, Amy Winehouse, Britney Spears), a réalisé des documentaires et des publicités. C’est donc un artiste complet qui s’expose aujourd’hui au musée de la monnaie.

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© Thomas Schweigwertrt

La plupart de ses photos sont faites sans trucage numérique : « C’est beaucoup plus drôle, si on veut photographier une fille assise sur un champignon , de fabriquer le champignon et de l’asseoir dessus que de le faire à l’ordinateur » raconte-t-il.

De la peinture baroque au pop art, David LaChapelle s’inspire de tout et est ainsi devenu l’un des dix plus grands noms de la photographie de mode selon le magazine américain American Photo.

Cette rétrospective sur David LaChapelle décrypte le travail de l’artiste et rend hommage à son oeuvre. Exposition exclusive en France, même si son style dérange ou choque, ce n’est pas tous les jours qu’un artiste aussi original pose ses valises en France.


« Rétrospective David LaChapelle » à la MONNAIE DE PARIS

Du 6 février au 31 mai 2009. Ouvert tous les jours de la semaine de 10 h 30 à 19 h. Nocturnes le lundi et vendredi jusqu’à 22 h (fermeture caisses à 21 h 30).

11, quai de Conti – 75006 Paris

01 40 46 56 66

Métro : Pont Neuf, ligne 7, Saint-Michel ou Odéon, lignes 4 ou 10

TARIFS

– Tarif Normal : 10 € / Tarif Coupe-file 12 €

– Tarif Réduit : 8 € / Tarif réduit : 10 € (jeunes de 10 à 22 ans révolus, professeurs d’Arts, adhérents de la Maison des artistes, guides, conférenciers, chômeurs et bénéficiaire du RMI.)

 

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