Musique

Portrait : Chat et sa « folie douce »

07 février 2009 | PAR marie

Folie douce, ce joli oxymore est le titre de l’album de Chat qui sort lundi… De la chanson française matinée d’accents rock pour une artiste qui vient de la scène classique. Autant qu’à l’album, l’oxymore s’accommode aussi bien à la chanteuse elle-même, que La Boite à sorties a rencontré. Portrait.

chat Sur la pochette de l’album, une jeune fille surgie de sa forêt, semble entrer dans le monde réelle. Au fond un petit piano lumineux, l’instrument par lequel Chat est tombé dans la musique quand elle était petite, celui qu’elle trimballe avec ses frères dans sa Kangoo pour donner des concerts en appartements. Avant d’être dans les bacs des disquaires, ses chansons, dont elle a composé les musiques et les textes, ont en effet circulé dans divers salons parisiens, autant d’invitations lancées comme des bouteilles à la mer sur son myspace. Ces concerts lui donnent l’impression (à elle comme aux musiciens qui l’entourent) d’être très « proche » de son public. Une proximité et une convivialité, une liberté surtout, qui tranchaient avec la carrière du concertiste classique, que Chat avait pourtant entrepris d’embrasser lorsqu’elle avait intégré le conservatoire de Genève. C’est là bas, qu’elle s’était justement rendue compte de la solitude du concertiste… Au contraire, Chat dit aimer comme « les choses viennent naturellement sur scène » et qui font de chaque concert un moment unique et de la scène une possibilité de se « libérer ». Aussi, la jeune fille a filé en Angleterre où elle a continué à composer, à griffonner des textes sur des bouts de post-it. Outre-Manche, elle a aussi commencé à diffuser ses morceaux sur sa page myspace.

chat Parce que, comme elle le dit elle-même, un artiste met toujours beaucoup de lui même dans son premier album, on retrouve dans ses textes cette invitation à faire tomber les conventions, qui va de pair avec une certaine lucidité, une volonté d’ôter les masques. Petit Con (titre 10) évoque les artiste qui n’ont « d’artiste que le nom » et qui se « croient libres » : « Que ferais-tu sans le système  ? » leur demande Chat qui explique que l’inspiration lui est venue après avoir regardé l’interview d’un chanteur issu de la télé réalité. Dans ce « Petit Con », « je pourrais m’y retrouver la première » précise Chat, toujours aussi lucide, avant d’ajouter que ce titre est d’abord « drôle ».

Ne pas se prendre au sérieux. Tel pourrait être le slogan de Chat. Pour R (titre 5), elle a voulu écrire une chanson « inspirée du hip-hop » qui au final « n’avait plus rien « d’hip-hop » raconte-t-elle en rigolant. En est resté  sur un texte un peu « amer », justement. Sans en avoir l’air, Chat est aussi poète, elle joue avec les mots comme ses doigts sur un piano. Sous sa plume les « amoureuses » deviennent des « âmes heureuses ». A son surnom, Cha, (le « cha » de Charlène) elle a ajouté un T « tout de suite ça donnait plus de sens à mon nom de scène ». Elle aimait, son côté sauvage et mystérieux… Si, en littérature, Chat lit Chloé Delaume, Vian et Gary, ses textes s’apparentent à une véritable « recherche du temps perdu ». Ce bois dans lequel elle se perd comme Alice au pays des Merveilles est aussi la forêt des souvenirs. «En lisant des autobiographies, j’avais l’impression de ne plus me souvenir de rien, tandis que les gens eux avaient en mémoire tout une foule de détails »…. Les petites choses (titre 4) raconte justement comment l’on trimbale, « comme un petit chariot que tu traînes derrière soi », ses souvenirs (« abimés ») . Dans Maman (titre 3), la chanteuse qui n’est jamais à court « d’images » évoque l’admiration d’une enfant pour sa mère. Pour ce texte, qui « pour le coup est à prendre au premier degré », elle s’est revue petite-fille : « Quand j’étais enfant, j’avais l’impression que si mettais mes pas dans les pas des autres, je prenais un peu de leur vie. Je ne marchais donc pas dans les pas de ceux que je n’aimais pas pour ne pas prendre trop de choses mauvaises et vice-versa ».

Tous les morceaux ne sont pas à l’image de Maman, autobiographique. Le nom « Chat » a justement été choisi pour permettre à Cha une salvatrice « prise de distance » qui aiderait à plus de « créativité », d’  « invention ».. D’ailleurs, lors de l’enregistrement de l’album, la distance a été prise au sens physique du terme : Chat, s’est exilée une mois durant dans la maison de campagne des parents de Joseph (J. Chedid qui réalise l’album), loin de Paris, de Londres et de Genève. Quoiqu’il en soit, Chat est une urbaine, sa forêt est illuminée d’ampoules électriques, et pour le moment, tout en lançant son album, elle profite de la vie parisienne. L’autre jour, elle était au Bataclan pour un concert d’Of Montréal… « des fous sur scène » raconte-t-elle, des lumières dans ses yeux verts.

Folie Douce, album EMI, dans les bacs le 9 fev.

En concert à l’Alhambra le 10/03 (avec Albin de la Simone).

Plus de dates sur son site : cliquez ici

Chat sera sur France Inter, au « fou du roi », l’émission de S. Bern, lundi prochain. 11h. cliquez ici (site de l’emission)

et voici le clip d’Alice :

 

Marie Barral

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marie

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