Architecture
Koolhaas remettra en question la modernité à la Biennale de Venise

Koolhaas remettra en question la modernité à la Biennale de Venise

17 mars 2014 | PAR Enora Le Goff

Jeudi dernier, en conférence de presse à Paris, l’architecte et penseur Rem Koolhaas a présenté son projet en tant que commissaire pour la Biennale d’architecture de Venise.

 

Cette année la Biennale d’architecture commence deux mois plus tôt (non plus en août mais dès le 7 juin) et c’est le très connu et respecté néerlandais Rem Koolhaas qui en sera le commissaire. Plus qu’un simple architecte l’homme de 70 ans est surtout un penseur constant de la création architecturale qui ne s’arrête jamais à ses découvertes.

La Biennale de Venise est l’un des événements architecturaux les plus importants mondialement et ce divise en trois parties: les présentations nationales de 65 pays, l’exposition thématique (toutes deux dans les pavillons des Giardini) et la grande exposition qui est plus théorique à la Corderie. Il a donc présenté à Paris sa vision de la quatorzième Biennale dont le thème choisi est “Fundamentals”, plus qu’une simple manifestation d’architecture Koolhaas transforme la Biennale en véritable pôle de réflexion sur la place de l’architecture contemporaine comme devenue trop conformiste et dévitalisée. L’unique condition de Koolhaas pour accepter le commissariat de cette Biennale était qu’elle dure plus longtemps, désormais 6 mois, afin de prolonger et d’approfondir les débats dans le temps.

Son but principal est de se faire rencontrer les différentes pensées, ainsi de remplacer la cacophonie habituelle du pavillon des présentations nationales par une réflexion partagée de tous les commissaires sur les rapports des pays à leur propre modernité. Architecte moderne il remet sans cesse en question son travail et les mouvements de pensée du courant de l’architecture moderne, accusant son manque de relief, de personnalité, il déplore véritablement une standardisation de l’architecture (pour illustrer son propos il a mis en comparaison des bâtiments de différents pays dans les années 1910 et aujourd’hui pour mieux révéler ce dépouillement culturel et identitaire). Ainsi toujours dans un mouvement continu de la pensée qui se pense elle-même, architecte moderne Rem Khoolaas voit déjà les limites de son travail et de son courant, en pointant le problème de l’accélération de la standardisation du moderne.

Deuxième objectif, son exposition thématique va se pencher sur les détails de l’architecture qui doivent donner vie et corps aux bâtiments tels que les balcons, les murs et plafonds, les escaliers ou encore les portes. Selon lui la dépersonnalisation de l’architecture est un véritable problème : Le plafond était un écran fait de symboles, religieux par exemple. Aujourd’hui, ils sont devenus sévères”. Il décompose la modernité pour mieux en révéler les penchants et raconter son histoire.

Enfin pour l’exposition phare de la Biennale, celle de la Cordonerie, en générale très internationalisée, Khoolaas a justement désiré s’intéresser particulièrement à l’Italie et à son rapport historique, une analyse complexe de la relation du pays à son architecture. Il faudra attendre juin pour voir comment cette étude assez particulière servira une idée et une pensée de l’architecture européenne et voire mondiale. 

Visuels (c) : wikipedia

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Enora Le Goff

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