Politique culturelle
Nouvelle baisse du budget de la culture à prévoir en 2014

Nouvelle baisse du budget de la culture à prévoir en 2014

07 octobre 2013 | PAR Hugo Saadi

Le budget 2014 pour la culture est en baisse de 2%, une baisse qui serait dans la moyenne par rapport aux autres ministères. Effectivement, François Hollande et le chef du gouvernement, Jean-Marc Ayrault, ont demandé à tous leurs ministres des efforts budgétaires.

Le PLF ou Projet de loi de finances pour l’année 2014 a été communiqué, le budget attribué pour le ministère de la Culture et de Communication s’élève à 7,26 milliards d’euros : 2,69 milliards pour la culture et la rechercher culturelle (ce qui équivaut à une baisse de 2% par rapport à l’année précédente) et 4,56 milliards pour les médias, la lecture et les industries culturelles (soit une baisse de 2,1%). Les moyens en faveur de la restauration et de l’entretien des monuments sont maintenus. Comment s’effectue cette répartition budgétaire ? A qui cela profite ? Et comment les salariés perçoivent cette nouvelle baise ? On vous éclaire à ce sujet.

L’éducation artistique mise en avant :

Effectivement les priorités sont portées sur l’éducation artistique et culturelle, qui bénéficie d’un budget de 38,2 millions (en hausse de 15 %), sur les établissements d’enseignement supérieur (en hausse de 5 %) et sur le financement du spectacle vivant et des arts plastiques qui voient leurs crédits d’intervention dans les régions préservés. La volonté du ministère est de donner la priorité à la jeunesse en développant un projet national pour l’éducation artistique et culturelle et en confortant les moyens de l’enseignement supérieur du ministère de la Culture et de la Communication qui forme 35 000 étudiants par an. Cette volonté passera par un approfondissement du plan en faveur de l’éducation artistique et culturelle qui a débuté en 2013 et qui se poursuivra en 2014 et 2015 ainsi qu’une hausse des crédits pour les directions régionales des affaires culturelles (DRAC) afin accompagner les parcours d’éducation artistique et culturelle prévus dans la loi sur les enseignements scolaires.

Des coupes à vif :

Dans l’entourage de la ministre de la culture, on explique «[l’on a] pris dans la caisse des plus riches». Il s’agit des grands établissements culturels comme le Louvre, le musée d’Orsay, l’Opéra de Paris, Versailles, Fontainebleau, la Comédie-Française ou encore le Quai Branly. En 2014 ils verront leur budget baisser de 2,5% pour la 3ème année consécutive. On parle également de prélèvements directs sur les fonds de roulement de grands établissements (90 millions d’euros par exemple en ce qui concerne le Centre national du Cinéma, 36 millions pour le Louvre). De plus, les économies dégagées sont aussi le résultat d’une baisse des crédits d’investissement liés à la fin de grands chantiers comme le MuCEM à Marseille ou celui du Musée Picasso à Paris. Enfin, le Louvre ou Versailles doivent désormais prendre à leur charge la gratuité pour les 18-26 ans, une mesure décidée par le gouvernement précédent qui devait au départ être compensée.

Des économies qui jouent sur le facteur temps :

En effet, les musées, théâtres ou opéras doivent s’organiser pour conserver leur public tout en limitant les frais. Les directeurs du Louvre et de la manufacture des Gobelins entre autres, affirment qu’il y aura moins d’expositions et qu’elles dureront plus longtemps. Enfin, les travaux seront décalés au maximum et le mécénat sera la piste privilégiée. Par exemple à Versailles où les expositions ont moins d’importance aux yeux des visiteurs privilégiant , ce sont les grands travaux qui s’étaleront dans le temps. Un schéma directeur qui avait été décidé entre 2012 et 2017, dans lequel se mélangeaient travaux liés à la sécurité et restaurations de prestige, comme ceux des appartements royaux, sera revu pour limiter les dépenses.

 

En tout, la baisse représente quelque 20 millions d’euros pour les musées et les grands établissements, et les économies nettes faites par le ministère de la Culture se montent à 148 millions d’euros. Dans celles-ci on y retrouve par exemple la contribution du Centre national du cinéma à hauteur de 90 millions ou la prise en charge de l’audiovisuel public à hauteur de 1% des dotations qui lui sont consenties, ce qui revient à un effort de 38 millions d’euros.

Peu de temps après l’annonce du budget les syndicats ont fait part de leur mécontentement et leur désarroi. La CGT-Spectacle, la CGT-Culture et le SNJ-CGT « dénoncent avec la plus grande fermeté cette nouvelle remise en cause de la politique culturelle de l’État et l’abandon de la démocratisation culturelle ». Les grands établissements, musées, théâtres et opéras doivent se rendre au ministère de la culture ce lundi 7 octobre pour un « conclave » sur les restrictions budgétaires. La réunion avait déjà été repoussée et les objectifs précis de celle-ci ne sont pas clairement énoncés.

visuels : image à la une (c) ministère de la culture

(c) les échos – AFP

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Hugo Saadi

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