Politique culturelle

Un Louvre débordé face au succès de l’exposition Vermeer

Un Louvre débordé face au succès de l’exposition Vermeer

13 mars 2017 | PAR Laetitia Zicavo

Face à une affluence jamais vue, les deux expositions, « Vermeer et les maîtres de la peinture de genre »,  et « Valentin de Boulogne, réinventer Caravage », attendues comme un énorme succès, se sont transformées en fiasco pour un musée du Louvre incapable de remplir ses promesses d’organisation.

Le président du Louvre, Jean-Luc Martinez, s’était pourtant montré rassurant sur les mesures prises en amont par le musée et avait assuré, sur France Inter au Journal de 19h le 27 février, que le musée avait anticipé la situation d’affluence exceptionnelle. Le Louvre avait, en effet pour cette exposition, mis spécialement en place un nouveau système d’accès aux œuvres : des créneaux pour visiter les deux expositions du hall Napoléon. Après l’achat de billets obligatoirement en ligne, une réservation d’un créneau horaire devait ainsi être retiré sur place le jour même de la visite, à la billetterie du musée. De quoi semer la pagaille ! En ajoutant une étape supplémentaire au processus, le dispositif sensé simplifier l’accès des visiteurs, s’est vite révélé inefficace voire répréhensible.

Le site « Louvre pour Tous » a ainsi alerté sur le potentiel litigieux du processus mis en place par le musée. Ce mode d’accès exclusif et inédit associé au manque cruel d’information donnée au public avant ouverture a créé le chaos. L’achat du billet en ligne, recommandé par le musée, est de 17€ soit deux euros de plus que le prix d’achat sur place, ce qui est déjà contestable. Les premiers visiteurs à réserver en ligne, ont ensuite reçu le message suivant :  » En raison de l’affluence exceptionnelle attendue, l’accès à ces expositions s’effectuera exclusivement sur réservation d’un créneau horaire de visite à retirer sur place le jour même. La capacité d’accueil des espaces d’exposition ne permettra pas de répondre à toutes les demandes. » Mais comment le musée peut-il faire payer à quelqu’un une prestation que celui-ci n’est pas sûr de recevoir? Le Louvre se déchargeant de toute garantie d’accès, frôlait les limites du légal.

De gros problèmes concernant l’accès coupe-file des personnes handicapées ont également été signalés notamment sur les réseaux sociaux. Malgré la priorité qui s’applique en toute logique aux personnes possédant une carte prioritaire, certains visiteurs se sont plaints d’avoir dû attendre, parfois plusieurs heures. Le personnel du musée a en effet été dans l’obligation de les refouler, sur ordre de la direction. De plus, aucun passe-droit n’a été accepté durant les premiers jours. Ni les Amis du Louvre, ni les journalistes, diplomates, mécènes, ni même les employés ou conférenciers du musée n’avait accès aux deux expositions. Après négociation, trois demi-journées hors ouverture, ont été consacrées au personnel. Mais cela soulève un véritable problème, le public se sentant traiter véritablement comme du bétail. Le problème d’accès des personnes en situation de handicap semble cependant avoir été réglé récemment si l’on en croit le compte twitter du Musée du Louvre qui annonçait : « L’accès au musée et à l’expo est prioritaire, sans attente pour les personnes en situation de handicap et leur accompagnateur » [Source Twitter @MuseeLouvre, 15:03-10 mars 2017]

Enfin, concernant les photographies, le musée a décidé de les interdire complètement dans ces deux expositions. Or, il n’est pas interdit pour les visiteurs de prendre des photographies d’oeuvre qui sont entrées dans le domaine public. Le Louvre n’est pas le seul établissement à avoir mis une telle mesure en place, mais elle n’en reste pas moins illégale. En effet, rien n’interdit à de simples visiteurs de reproduire une oeuvre, pour un usage privé, non commercial. Les quelques visiteurs qui ont essayés de faire valoir leur droit, s’en sont retrouvés expulsé.

Depuis, le Louvre a modifié son système de réservation. Il faut toujours choisir un créneau de visite obligatoire, mais cela se fait directement lors de l’achat en ligne. A noter que même les bénéficiaires de gratuité, dont les Amis du Louvre, doivent réserver un créneau, ceux-ci étant rapidement complets. Le Louvre indique sur la billetterie que l’achat s’effectue « Incluant la réservation gratuite et obligatoire pour tous des expositions Vermeer et Valentin de Boulogne. Temps d’attente estimé à 45 minutes à compter de l’horaire d’accès. »

Certes, il est difficile de gérer une telle affluence, mais les promesses n’ont pas été tenues, de la part d’un musée du Louvre vite débordé.

Visuel : © CC The lacemaker

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Laetitia Zicavo

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