Politique culturelle
L’Etat sauve la tête de Robespierre

L’Etat sauve la tête de Robespierre

19 mai 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, vient d’annoncer que l’Etat a exercé son droit de préemption, au bénéfice des Archives de France, sur deux ensembles de documents d’une importance historique et patrimoniale majeure mis en vente aujourd’hui chez Sotheby’s à Paris.

Un mouvement de protestation s’était élevé ces derniers jours. Vendredi 13 mai au soir, la Société des Etudes Robespierriste  avait reçu les dons et promesses de dons d’un grand nombre d’associations, d’institutions et de particuliers. On pouvait y rencontrer le Conseil scientifique de l’Université Paris 1, l’ Institut d’Histoire de la Révolution française, la Fondation Gabriel Péri, Nantes Histoire, l’ Association locale pour la célébration de la Révolution française Villejuif, l’ Association des Amis de Robespierre.

Ces écrits, comprennent d’une part des manuscrits autographes de Robespierre, demeurés, pour certains, inédits, d’autre part, des papiers relatifs à la famille Le Bas. Les premiers, rédigés entre janvier 1792 et juillet 1794, constituent un ensemble de 113 pages manuscrites, qui comportent de nombreuses ratures permettant de suivre l’élaboration de la pensée de ce personnage majeur de la Révolution française. On notera, entre autres le brouillon du discours aux Jacobins sur la guerre, prononcé le 25 janvier 1792, un important fragment de celui qu’il prononça la veille de sa mort, le 8 thermidor an II, ainsi qu’une lettre inédite sur le bonheur et la vertu. Le second ensemble comprend d’importantes archives relatives à la famille du conventionnel Le Bas, qui compta, jusqu’à sa mort, le 10 thermidor an II, parmi les fidèles de Robespierre. Le Ministère s’était déjà porté acquéreur, pour les Archives nationales, d’un manuscrit autographe de Robespierre, intitulé Finances, le 12 mai dernier.

Du point de vue de la recherche historique, l’apport est évident comme le rappelle Pierre Assouline citant l’historien Philippe Joutard « Sur le fond, il est normal que les autorités publiques récupèrent ces archives car elles paraissent importantes pour l’étude de la genèse du pré-totalitarisme. Mais quant aux motivations, ce qui me stupéfie, c’est cette religion au sens sacré du terme : il y a encore un culte de Robespierre alors qu’il a préparé à celui des icônes révolutionnaires du XXème siècle ».

Le nom de Robespierre est associé à la Terreur, cette période de l’histoire de France  qui en 1792 et en 1793 a vu les Montagnards proches de la Monarchie  être sérieusement réprimandés par les Girondins.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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