Politique culturelle
Le Louvre prend l’Hotel de Marine

Le Louvre prend l’Hotel de Marine

03 février 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Voilà, c’est fini, le sort de l’Hôtel de la Marine situé place de la Concorde est jeté dans les bras chaleureux du Louvre. En février Nicolas Sarkozy avait nommé unilatéralement Valery Giscard d’Estaing, opposé à la privatisation, à la tête de la commission sur l’avenir du lieu. Retour sur un épilogue.

Un appel à projets a été lancé fin novembre pour confier à un opérateur privé la gestion de cet immeuble datant du XVIIIe siècle, siège de l’état-major de la Marine. En effet, le ministère de la Défense va regrouper ses services centraux d’ici 2014 sur le site de Balard.

Classé monument historique, l’ancien garde-meuble de Louis XVI, en pleine Révolution, a été bâti sous Louis XV, sous la direction de Jacques-Germain Soufflot. La question posée est simple, l’Etat doit-il louer, ou non, cette partie de l’Histoire de France au secteur privé pour une durée de soixante ou quatre-vingt-dix ans. Le Ps et 10.000 signataires de la pétition « Soutenir l’Hôtel de la Marine » hurlent alors au bradage du patrimoine national.

La décision est tombée le 24 janvier. Les partisans de la privatisation déchantent, avec en tête les directeur du projet de La Royale, proposé par Alexandre Allard et Renaud Donnedieu de Vabres qui avait dans un premier temps suscité l’engouement du gouvernement alors d’avis de louer les 24000 m2 de la maison à cette nouvelle institution dédiée aux marchés de l’art. Dans un article paru dans le Monde du 1er février, Florence Evin rapporte les propos enragés d’Alexandre Allard qui aurait: « « dépensé entre 5 et 10 millions d’euros », pour finaliser le projet « La Royale ». « Je ne vais pas me laisser faire. C’est un geste désespéré de la présidence de la République. Le quinquennat le plus pauvre en la matière (la culture). C’est une vraie bataille des anciens contre les modernes. La culture, il faut capitaliser dessus, il ne faut pas l’étouffer. »

L’Hôtel de la Marine sera confié au musée du Louvre comme l’a préconisé Valery Giscard D’Estaing qui désire en faire un « musée du mobilier et trésor royal ». Le lieu accueillera des expositions temporaires dédiées à l’art français mais aussi des collections des Arts décoratifs, du Mobilier National ou encore de la Manufacture de Sèvres. Les cours principales devraient être transformées en rues piétonnes permettant de réaliser à Paris une île aux musées Berlinoise. Les emplacements se trouvant au rez-de chaussée transformés en bureaux consacrés aux métiers d’art et de civilisation française.

L’ouverture au public est prévue pour 2013.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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