Politique culturelle

Le Google Cultural Institute ouvre à Paris, Filippetti ne vient pas et Matignon fait la gueule !

Le Google Cultural Institute ouvre à Paris, Filippetti ne vient pas et Matignon fait la gueule !

11 décembre 2013 | PAR Kim Beci

Le Google Cultural Institute ouvre son siège à Paris dans le 9e arrondissement. La ministre de la Culture refusant d’aller à l’inauguration, elle s’est fait reprendre par le gouvernement, qui a choisi Fleur Pellerin pour la remplacer à l’événement.

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Réunissant 300 musées avec leurs archives numériques, le Google Cultural Institute, qui soulève déjà des polémiques concernant la propriété intellectuelle et les droits d’auteur, ne sera pas un musée. Ce sera essentiellement un lieu de réunion et de conférences, d’exposition, de projets, de recherche et d’innovation pour les collaborateurs et artistes du Google Art Project, qui existe virtuellement depuis 2010. Il sera aussi une résidence pour les artistes et ingénieurs élus par 89plus.

Le Louvre et le Centre Pompidou ont refusé leur participation, considérant le projet comme culturellement pauvre. Malgré tout, le géant Google s’installe en corps et en âme dans la capitale, un événement important que le gouvernement n’a pas voulu estomper.

La ministre de Culture, Aurélie Filippetti, avait laissé entendre qu’elle serait présente à l’inauguration du GCI dans le 9e arrondissement. Par un communiqué qui exprimait sa réticence, à cause des questions que le projet « n’avait pas soulevées », c’est-à-dire « l’équité fiscale, la marchandisation de données personnelles, la diversité culturelle et les droits d’auteur et voisins », Filippetti a annoncé au dernier moment son absence à la cérémonie d’ouverture. L’ARP et l’Adami (société de gestion des droits de propriété intellectuelle des artistes-interprètes) ont applaudi sa décision, considérant qu’elle agissait justement.

Nous pensions que sa position était aussi celle du gouvernement envers la plateforme de Google. Néanmoins, Matignon n’a pas tardé à s’exprimer à son tour, demandant à Fleur Pellerin, ministre de l’Économie numérique, de prendre la place de la ministre de la Culture afin d’éviter le boycott de l’inauguration (qui déclarerait tout simplement la guerre entre Google et le gouvernement français).

Jean-Marc Ayrault a lui aussi exprimé son désaccord avec Aurélie Filippetti : « elle aurait pu y aller sans pour autant s’éloigner de ses convictions ».

La polémique est donc au rendez-vous : la liberté d’accès aux données numériques et au patrimoine culturel vient, une fois de plus, se heurter à la propriété intellectuelle, un conflit de plus en plus courant dans cette ère du numérique. Le gouvernement a choisi, cette fois-ci !

Visuel : © capture d’écran GCI www.lefigaro.fr

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Kim Beci

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