Politique culturelle
Kerry James introduit le rap à l’école

Kerry James introduit le rap à l’école

06 novembre 2013 | PAR Hélène Gully

Les vacances d’automne s’avèrent studieuses pour certains enfants de Paris et sa banlieue. Cauchemar de tout élève que de passer son temps libre à travailler, travailler et encore travailler. Pourtant à l’Espace Jeunes de la rue Piat (20e) l’atmosphère est bien plus détendue que dans une classe banale. Les élèves semblent même impatients d’aller en cours… En effet, Kerry James, jeune rappeur français qui célèbre en 2008 son disque de platine, prend la place de leur professeur. Au programme, une séance d’écriture de 2 heures.

kery-james-cover-dernier-mcLes découragés du français apprivoisent les mots délinquants grâce aux leçons du jeune artiste. Avec une méthode nouvelle et efficace, les idées fusent et vagabondent entre les élèves intéressés. La langue se métamorphose dans ce nouveau contexte. Le rap et les rimes deviennent un jeu pour apprendre et réinterpréter cette orthographe, cette grammaire et ce vocabulaire parfois hostiles envers le jeune scolarisé. Désormais les outils de la langue française servent à évoquer des choses que l’élève connaît et côtoie. Il redécouvre le sens, la valeur et la force des mots en se consacrant à de redoutables exercices de rime et de cohérence. Le rappeur les incite à ne pas tomber dans la facilité des phrases creuses et provocatrices. Il insiste sur la nécessité de la précision dans le choix des termes. Insulte, violence et vulgarité sont exclues d’office. Les thèmes sont actuels et personnels, l’élève doit apprendre à parler de lui, de ses envies et de ses ambitions à un âge où la quête d’identité est principale et primordiale. La douce concentration et le silence qui règne dans la classe s’expliquent par le crédit accordé à Kerry James. L’aîné inspire ses élèves, ses chansons leur parlent et les enfants les fredonnent à toute heure de la journée. Les irréductibles insolents ont l’oreille attentive et écoutent les conseils avisés que le jeune rappeur distille. Les leçons permettent un véritable échange. Kerry James encourage et fédère les élèves même s’il les intimide par sa prestance. Il faut du courage pour oser réciter ses propres textes devant un rappeur reconnu dans le milieu. Et la mission est accomplie ! Les exercices révèlent des apprentis MCs. De quoi redonner espoir aux dissidents du français.

 Hélène Gully

visuel : couverture d’album

Le pays de Galles célèbre les 100 ans de Dylan Thomas
Jeune création met en avant les jeunes talents au 104
Hélène Gully
Jeune caméléon du journalisme. 21 ans et de l'ambition.

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *