Politique culturelle
[Intermittents] Raoul Fernandez « L’accord est un premier pas »

[Intermittents] Raoul Fernandez « L’accord est un premier pas »

28 avril 2016 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Depuis le 24 avril de nombreux théâtres sont occupés, notamment l’Odéon. La tension a atteint son climax lorsque les policiers ont décidé de déloger les manifestants en lutte contre la La Loi Travail et particulièrement le statut des intermittents. Dans la nuit, un accord entre syndicats et gouvernement a été trouvé, sans que cela ne signe la fin des grèves.

Pour en savoir plus sur le régime de l’intermittence :  cliquez ici.

Joint par téléphone, Raoul Fernandez, actuellement sur la scène du TNS pour Incendies sous la direction de Stanislas Nordey raconte : « Je fais grève parce que c’est important et nécessaire car parmi nos propres équipes comme partout en France on a des comédiens et techniciens en situations fragiles. Je suis triste de ne pas jouer, c’est notre raison mon oxygène. C’est une forme de respect pour le public de leur transmettre notre situation ». Concernant l’accord signé cette nuit, le comédien reste sceptique : « C’est un premier pas. Il manque la suite, sa signature ». Il se dit choqué suite à « cette violence envers des artistes, chômeurs, le public » qui a eu lieu à l’Odéon. Il qualifie cela de « Honte ».

Désormais, le pas de deux prend la forme d’un tango. D’un côté, un accord jugé « acceptable » pour reprendre le mot d’Olivier Py au micro de France Inter ce matin. De l’autre, la Coordination des Intermittents et Précaires ( dont nous avions parlé ici). Du côté de l’Etat,  « un accord a été trouvé dans la nuit du mercredi 27 au jeudi 28 avril par les organisations de salariés et d’employeurs du secteur spectacle sur le régime d’assurance-chômage spécifique aux intermittents. Le texte a été conclu au terme de près de dix heures de négociations au ministère du travail. » ( AFP)

Cet accord prévoit  une hausse des cotisations patronales  et l’ouverture des droits à l’indemnisation aussi bien pour les artistes que pour les techniciens, à partir de 507 heures travaillées sur douze mois. D’autre part, il y a dans cet accord l’idée d’un  retour au statut d’avant 2003. L’une des grandes avancées du texte est  la neutralisation des baisses d’indemnisation après un congé maternité .

Malgré l’accord, les grèves et les manifestations se poursuivent sur tout le territoire. A Strasbourg, le TNS  garde portes closes et manifestera à 14h. Il en de même pour le TNBA de Bordeaux ou à Paris l’Odéon et  La Comédie Française. Ce que demande la CIP est : « le retrait total de la Loi El Khomri, l’exclusion du MEDEF des négociations de l’assurance-chômage, et un nouveau système d’assurance chômage pour que 10 chômeurs sur 10 soient indemnisés »

Par communiqué, la Ministre de la Culture Audrey Azoulay a déclaré : « Cet accord, qui devrait être signé dans la journée, va permettre de consolider le régime spécifique de l’assurance chômage sur le plan financier. C’est aussi une réponse claire aux inquiétudes exprimées depuis plusieurs semaines par les professionnels du spectacle »

Visuel : ©CIP

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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