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Grève à la bibliothèque Sainte-Geneviève contre les politiques gestionnaires de Paris 3

Grève à la bibliothèque Sainte-Geneviève contre les politiques gestionnaires de Paris 3

25 novembre 2021 | PAR Blaise Campion

Depuis lundi, les salariés de la bibliothèque sont en grève pour dénoncer les politiques de gestion des ressources humaines menées par la présidence de Paris 3 Sorbonne-Nouvelle, l’université de rattachement du lieu. En cause, la suppression du département Patrimoine immobilier en charge de l’entretien du bâtiment, et la rémunération en baisse d’une partie des agents.

L’entretien du bâtiment en question

Alors que la place du Panthéon est en chantier depuis plusieurs semaines pour accueillir la cérémonie de panthéonisation de Joséphine Baker qui aura lieu le 30 novembre prochain, une banderole immanquable s’affiche le long de l’entrée principale de la bibliothèque Sainte-Geneviève : « Bibliothèque en danger, sauvons la BSG ». Perturbé depuis lundi, le fonctionnement de la bibliothèque n’était pas assuré mercredi 24 novembre en raison du mouvement social.

Celui-ci est né de l’annonce par la présidence de l’Université Sorbonne-Nouvelle de la suppression du département Patrimoine immobilier, qui a en charge l’entretien du bâtiment classé Monument historique. Une réorganisation du personnel prévoit le rattachement des agents non plus à la bibliothèque mais à l’université. Du côté des salariés, on critique le manque de concertation et l’incertitude créée par cette décision : « On ne sait pas ce que cela va donner pour l’entretien des bâtiments au quotidien » nous confie Michaël Kenner, magasinier à la BSG depuis 2014. Il évoque également des « problèmes structurels » liés à l’ancienneté du lieu inauguré en 1851 : taux de plomb trop élevé à certains points d’eau, fuites, toitures endommagées…

Autant de raisons qui justifient un service dédié à l’entretien de la bibliothèque. La BSG  « abrite plus de deux millions de documents dont 250 000, anciens, rares ou précieux » rappelle une tribune signée par une centaine d’universitaires, publiée mardi 23 novembre en soutien aux salariés. Les enseignants-chercheurs signataires mettent en cause les décisions de la présidence de Paris 3 : « Ce jeu de passe-passe en gestion des ressources humaines prive la bibliothèque des moyens humains, déjà faibles, absolument nécessaires à son fonctionnement et à la sécurité du bâtiment, des collections, du public et des agents ».

Une gestion insatisfaisante des ressources humaines

De fait, le sentiment d’une gestion insatisfaisante en matière de ressources humaines couve depuis longtemps à la bibliothèque. « Le président de l’Université l’a dit lui-même : Paris 3 a le plus faible régime indemnitaire de France en ce qui concerne ses agents » rappelle Michaël Kenner. « Au niveau de mon service, depuis quelques années, les personnes qui partent ne sont pas remplacées par des titulaires. Ce sont uniquement des contractuels qui sont recrutés, des gens qui peuvent être remerciés du jour au lendemain. Nous n’avons donc pas d’équipe pérenne sur des postes qui le sont ».

Et c’est dans ce contexte que Paris 3 a également décidé de baisser la rémunération des agents qui travaillent la nuit. C’est donc plus largement sur la précarité de leurs emplois que veulent se faire entendre les salariés. Alors que pendant des mois de confinement ils ont assuré le bon fonctionnement de la bibliothèque et l’accueil du public dans des conditions sanitaires inédites, ils attendent une plus grande reconnaissance de l’importance de leur travail. « Toutes ces décisions posent des problèmes qui rejaillissent sur le travail des agents, c’est pour cela qu’on fait grève », conclut Michaël Kenner.

Pour soutenir le mouvement de grève des salariés de la BSG, une pétition est disponible ici.

Visuel : © Arthur Pons

 

 

 

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