Politique culturelle
80 nazis susceptibles d’être toujours en vie : le Centre Simon-Wiesenthal divulgue les noms

80 nazis susceptibles d’être toujours en vie : le Centre Simon-Wiesenthal divulgue les noms

07 octobre 2014 | PAR Megane Mahieu

Le bureau de Jérusalem du Centre Simon-Wiesenthal, une ONG dont le siège est basée à Los Angeles, a livré à l’Allemagne 80 noms de meurtriers nazis qui pourraient être encore vivants. 

« L’Opération dernière chance ». Cela aurait pu être le titre d’un film d’espionnage, mais derrière cette formule se cache une traque réelle qui ramène aux heures les plus sombres de l’Histoire. Lancée en 2002 par le Centre Simon-Wiesenthal, cette campagne vise à rechercher les nazis toujours en vie, cachés aux quatre coins du globe espérant passer à travers les mailles de la justice et mourir de leur belle mort. Un fait intolérable auquel les chasseurs nazis tentent encore aujourd’hui de remédier.

Le Centre Simon-Wiesenthal recherche activement ces barbares : Efraim Zuroff, le directeur du Centre Simon-Wiesenthal à Jérusalem, s’active à capturer chaque survivant et à les présenter devant la justice. Ainsi en septembre dernier, ce sont 80 noms (76 hommes et 4 femmes) qui ont été livrés à la justice allemande et à son Ministère de l’Intérieur. Ces 80 nazis ont fait parti des Einsatzgruppen, une unité de police politique véritable escadron de la mort officiant dans les territoires conquis de l’ex-Union soviétique, en Pologne et en Europe de l’Est, sous les ordres de Hitler. Ils étaient environ 3000 criminels, dirigés par le commandant SS Reinhard Heydrichont, et ont joué un rôle très important dans la mise en oeuvre de la « solution finale ».

 A la fin de la guerre, les 80 membres de l’Einsatzgruppen retenus dans la liste donnée par Efraim Zuroff avaient tous maximum 21 ans, ce qui en fait comme il l’indique « les suspects qui ont le plus de chance d’être encore en vie et en assez bonne santé pour être poursuivis ». Juifs, mais aussi opposants au régime allemand, communistes soviétiques et communauté Tsigane …ce sont plus d’un million d’individus jugés « indésirables » par les nazis qui ont trouvé la mort sous les mains des membres du Einsatzgruppen. 

La stricte loi de respect de la vie privée de la justice allemande ne permet pas au Centre Simon-Wiesenthal de savoir si ces 80 criminels sont toujours bien en vie, et où ils se trouvent. Cependant Kurt Schrimm, directeur du bureau fédéral en charge des crimes de l’ère nazie, assure qu’il sera dorénavant plus facile d’enquêter grâce à cette liste.

Visuel: © United States Holocaust Memorial Museum, Washington, DC

 

 

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Megane Mahieu

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